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Grève historique chez Lustucru: trois sites de production à l'arrêt

Trois sites de production à l'arrêt et la quasi-totalité du personnel en grève. Il n'y a plus un seul paquet de pâtes qui sort des sites de production de Lustucru dans la région Rhône-Alpes-Auvergne. La demande des salariés ? Une revalorisation des salaires.

Plus de pâtes, de gniocchis et autres raviolis: les sites de Lustucru dans la Loire et le Rhône sont à l'arrêt. La quasi-totalité du personnel est en grève depuis lundi pour demander une revalorisation des salaires. Sont concernés le site ligérien de Lorette et les deux sites rhodaniens de Communay et de Saint-Genis-Laval.

90% des salariés seraient mobilisés, d'après les syndicats, soit une centaine de personnes. Les syndicats et la direction sont en plein dans les négociations annuelles obligatoires, devenues compliquées. La réunion, hier, entre syndicats et direction n’a rien donné.

Entre colère et dépit

Sur le piquet de grève, les salariés sont dans un mélange de colère et de dépit: "J'estime que je n'ai pas été récompensé", estime Badr, conducteur de ligne dans une usine du Rhône. "Ça fait deux ans qu'ils font de très bonnes années, derrière on a rien", surenchérit Jean-Pierre, 37 ans de maison, qui touche actuellement 1.900 euros bruts par mois. Une moyenne haute dans ce groupe, les employés touchant entre 1.600 et 1.900 euros bruts par mois. Pour ces salariés, avec l'inflation galopante et l'augmentation des prix de l'essence ou des énergies, la situation devient intenable.

Les syndicats Unsa, CGT et FO demandent à la direction de Lustucru une hausse généralisée des salaires: 150 euros bruts de plus par mois, pour tous les employés, mais aussi la revalorisation de 30 à 40% des heures de nuit, la revalorisation des jours fériés et l'augmentation des prix de base pour les salaires les plus bas de l'entreprise à 1.700 euros.

Un groupe bénéficiaire

La direction aurait proposé aux syndicats une augmentation d'environ 50 euros bruts par mois pour tous les employés. Elle met en avant l'augmentation des prix des matières premières et du transport pour justifier sa position. C'est trop peu, pour les syndicats, qui entendent poursuivre le mouvement, ce qui pourrait coûter des centaines de millions d'euros par jour au groupe. Une opération coup de poing pour faire réagir la direction.

Le groupe agroalimentaire espagnol Ebro Foods, propriétaire de Panzani et Lustucru, a vu son bénéfice net grimper de près de 36% en 2020 grâce à la hausse des achats de pâtes et de riz dopés par les confinements, et la section pâtes a vu son chiffre d'affaires grimper à 1,5 milliard d'euros sur la même année.

Vincent Chevalier (avec MM)