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Il participe à son dernier défilé du 14-Juillet: qui est le général François Lecointre, chef d'Etat Major des armées?

Le général François Lecointre participe à son dernier défilé du 14 juillet. Pour cause, il quitte ses fonctions de chef d'Etat major des armées dans une semaine. Retour sur son portrait.

Le général François Lecointre, le chef d'état-major des armées, participe ce mercredi à son dernier défilé du 14 juillet puisqu’il quitte ses fonctions dans une semaine. Il aura été le grand patron de l'armée française pendant quatre ans. Nommé au début du quinquennat pour remplacer au pied levé le général de Villier qui venait de démissionner bruyamment. Il s’en va, a se demande, en précisant que ce n’est pas lié à la récente tribune anti-Macron des militaires à la retraite, ni au désengagement de la France au Sahel.

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C’est le départ d’un soldat qui a connu la guerre et notamment les deux conflits qui ont marqué sa génération. Il était au Rwanda dans l'opération turquoise. Il a dû intervenir pour sauver des assassins que ses propres hommes voulaient lyncher. Il le raconte en disant que personne ne peut comprendre sans avoir été au Rwanda.

Un fait de guerre pendant la guerre en Yougoslavie

Et puis en mai 1995 surtout son fait d’armes. À Sarajevo, il reçoit l’ordre de reprendre le pont de Vrbanja dont les Serbes viennent de s’emparer. Il dirige une trentaine d'hommes qui s'engagent à la baïonnette au canon. C’est un combat de nuit au corps-à-corps. Deux Français sont tués, 17 autres blessés. C’est aussi un tournant dans la guerre en Yougoslavie, la fin de la passivité des casques bleus français face aux crimes des Serbes. Et François Lecointre a participé à ce moment d’histoire.

Aujourd’hui, c’est donc l’heure du départ pour ce militaire on ne peut plus “tradi”. Catholique, élevé par les jésuites puis formé à Saint-Cyr. Fils d’un commandant de sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Un de ses oncles est mort au combat en Algérie, lui-même fils d’un officier mort pendant la deuxième guerre et petit-fils d’un soldat mort dans les tranchées de la première guerre.

Il quitte l’armée à 59 ans, il ne va pas se reconvertir dans le privé. Il a des projets dans le social et l’humanitaire. Il voudrait agir dans les prisons.

Nicolas Poincaré