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Beyrouth : qu’est-ce que le nitrate d’ammonium, soupçonné d’être à l’origine des explosions ?

Le nitrate d'ammonium n’est pas un combustible à mais un comburant. Il participe à l’incendie mais ne le déclenche pas.

Après la double explosion qui a fait au moins 137 morts et plus de 5000 blessés à Beyrouth mardi, les autorités libanaises mettent en cause un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans un entrepôt du port de la capitale libanaise.

Le nitrate d’ammonium, une substance chimique utilisée dans l'agriculture, est un sel blanc indolore qui sert de base à de nombreux engrais sous forme de granulés. On peut en trouver dans des magasins spécialisés pour les agriculteurs en vrac ou en gros sac. Ce n’est pas un combustible à proprement parler mais un comburant. Il participe à l’incendie mais ne le déclenche pas.

À l'origine du drame d'AZF

Pour cela il doit être en contact avec des substances inflammables, de l’essence, de l’huile ou avec des fortes chaleurs comme des tuyaux de chaufferie. C’est pour cela que le stockage du nitrate d’ammonium doit répondre à des normes très strictes, normes qui semblent avoir été négligées dans l’explosion de Beyrouth.

Et ce n’est pas la première fois que le nitrate d’ammonium est à l’origine d’une explosion industrielle d’ampleur. Le 21 septembre 2001, l’accident de l’usine AZF avait fait 31 morts à Toulouse après une explosion d’ampleur provoquée par 300 tonnes de nitrate d’ammonium, soit neuf fois moins que ce qui était entreposé à Beyrouth. L'explosion avait été entendue à 80 kilomètres à la ronde et avait provoqué un mini-séisme.

G.D.