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Brexit: de plus en plus de citoyens européens demandent la naturalisation britannique

REPORTAGE - Au Royaume-Uni, la question de l’immigration a cristallisé le débat sur le référendum pour ou contre le maintien dans l’Union Européenne. Les deux millions de citoyens européens qui vivent sur place sont inquiets: Vont-ils pouvoir continuer à vivre et travailler? Devront-ils quitter le pays? Conséquence de ces inquiétudes : les demandes de naturalisations ont explosé.

Le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne semblait pouvoir basculer d'un côté comme de l'autre, les deux camps faisant jeu égal dans la dernière ligne droite de la campagne, marquée par le meurtre de la députée Jo Cox. Et, sur place, la question de l’immigration a cristallisé le débat. Dès lors, les deux millions de citoyens européens qui vivent sur place sont inquiets: Vont-ils pouvoir continuer à vivre et travailler ? Devront-ils quitter le pays ? Conséquences de ces inquiétudes: les demandes de naturalisations ont explosées.

+25% de demandes au deuxième semestre 2015

Selon les derniers chiffres, le nombre de demandes a augmenté de 25% sur le deuxième semestre 2015 au niveau national, en particulier chez les citoyens des pays de l’Est (Pologne, Roumanie et Bulgarie) et du sud de l’Europe (Grèce, Espagne, Portugal). RMC a rencontré, Viki, candidate à la naturalisation et très inquiète pour son avenir, à deux jours du référendum. Musicienne, cette citoyenne grecque vit en enseigne le piano à Londres depuis onze ans. Elle n'imaginait pas un jour demander la nationalité britannique.

"Si le Brexit l’emporte, ce sera plus compliqué pour nous en termes d’emploi, explique-t-elle. Personne ne sait exactement ce qui va nous arriver, mais ce que je crains le plus, c’est qu’ils fassent comme ce qu’ils ont fait avec les citoyens non-européens; qu’ils nous virent si on ne gagne pas au moins 35.000 livres par an". Il y a trois semaines, Viki a donc commencé les démarches de naturalisation.

"Tous sont inquiets à l'approche du référendum"

Comme elle, des centaines d’Européens ont poussé la porte des cabinets d’avocats comme celui d'Even Remedios qui reçoit deux fois plus de clients que d’habitude. "Depuis février-mars, probablement à cause des débats qui s’intensifiaient, on a vu arriver de plus en plus de gens, confirme-t-il. Et cela vient, de toute l’Europe: des Français, des Espagnols, des Italiens, des Allemands… Tous sont inquiets à l’approche du référendum".

A noter qu'au Royaume-Uni, les citoyens européens peuvent demander la nationalité britannique après au moins cinq ans de vie sur place (trois ans s’ils sont mariés à un/une britannique). Ils doivent passer un examen de langue anglaise et un examen sur "la vie au Royaume-Uni". Mais la procédure n'est pas donnée: 1.600 euros, sans garantie de succès.

M.R avec Amélie Rosique