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Brexit - Les marins-pêcheurs en colère contre "Bruxelles qui dicte ses lois": "On n'en veut plus"

REPORTAGE - A la veille du référendum sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l'Union européenne, il existe encore de nombreux indécis. Mais, du côté des partisans du Brexit, nombreux sont ceux qui y voient l’espoir d’une vie meilleure. C’est le cas des marins-pêcheurs du Royaume-Uni comme ceux rencontrés par RMC dans le port de Portsmouth, au sud du pays.

A la veille du référendum sur la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne, un scrutin déterminant pour l'avenir du pays, mais aussi de l'Europe, les deux camps sont dans un mouchoir de poche: le maintien dans l'UE ne comptant qu'un petit point d'avance (51%) dans les intentions de vote, selon la moyenne des six derniers sondages calculée par le site WhatUKThinks. L'objectif est donc clair pour les deux camps: il faut convaincre les quelque 10% d'indécis qui pourraient faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.

"On a perdu nos droits sur nos propres eaux territoriales"

Du côté des partisans du Brexit, l'un des arguments phare est l’espoir d’une vie meilleure. C’est le cas des marins-pêcheurs du Royaume-Uni dont le slogan est "Fishing for leave" ("Les pêcheurs pour la sortie", ndlr). Le mouvement a commencé en Ecosse, pour gagner ces dernières semaines le reste du pays. L’industrie locale de la pêche dit souffrir des quotas et des restrictions imposées par l’UE et voit dans le Brexit une bouée de secours. Concrètement, selon eux, avant l'entrée dans l'Union, les pêcheurs du Royaume-Uni obtenaient 80 % des poissons pêchés dans les eaux britanniques. Aujourd’hui, ils n'en obtiennent que 17 %.

Alors pour tenter de comprendre leur colère, RMC s'est rendue à Portsmouth, un port de pêche situé sur la côte sud du pays. "On était 40.000 pêcheurs dans les années 70. Il n'en reste que 10.000. A cause du marché commun européen, on a perdu nos droits sur nos propres eaux territoriales, déplore Eric, qui tient un petit marché aux poissons familial. On nous impose des quotas sur les quantités et les espèces qu’on peut pêcher ou non. Cette semaine par exemple, j’ai dû acheter certains poissons en France, parce qu’on n’a pas le droit de les pêcher ici. Je ne veux plus de ces lois."

"Notre seul espoir est de quitter l'UE"

Eric emploie 33 salariés. Ils nettoient et préparent les produits de la pêche du jour directement sur le quai. Le chalutier de Paul vient d’accoster et ramène 15 sacs de bulots. "A cause des quotas qu’on nous impose, on ne peut pas pêcher assez de poissons pour gagner notre vie. J’ai une famille, quatre enfants à nourrir. Avec 250 livres par semaine, je ne m’en sors pas, s'emporte-t-il. Ça fait 17 ans que je pêche et c’est de pire en pire. Alors j’ai décidé de vendre mon bateau et de chercher un autre boulot. Notre seul espoir, c’est de quitter l’Union Européenne".

Un espoir auquel s'accroche aussi Charlie, marin-pêcheur de père en fils: "Mon fils était pêcheur, oui. Mais il a dû vendre son bateau, il n’y arrivait plus. Je ne suis pas contre l’Europe, elle a sûrement fait de bonnes choses, mais on doit reprendre le contrôle. On doit pouvoir prendre nos propres décisions, pour nous protéger. Au lieu de ça, c’est Bruxelles qui dicte sa loi, qui nous dit ce qu’on a le droit de faire ou pas. Ça ne peut pas marcher comme ça, c’est ridicule !" En quittant l’Europe, les marins-pêcheurs espèrent récupérer leurs droits sur la totalité des eaux britanniques et ainsi sauver l’industrie de la pêche.

M.R avec Amélie Rosique