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"Ça coûterait 100 euros par an par Français": faut-il se passer du gaz russe?

Après avoir annoncé un embargo sur le charbon de Moscou, l'Union européenne hésite à faire de même pour le gaz. Les 27 sont divisés alors que certains pays seraient très impactés par une telle décision.

L’Union européenne va imposer un embargo sur le charbon russe après le massacre de Boutcha, alors que les 27 importent 45% de leur charbon de Russie pour une valeur de 4 milliards d'euros par an

En revanche, rien n'a encore été décidé sur le gaz alors que 81% Français sont pour un tel embargo. L'Union européenne semble temporiser alors qu'une interdiction des importations de gaz russe toucherait différemment les 27. La France, dont seulement 17% du gaz vient de Russie, peut avec sa façade atlantique importer facilement du gaz naturel liquéfié.

"Le coût de l’embargo du gaz russe vis-à-vis de la France se chiffrerait à 0,15% du PIB et coûterait grosso modo 100 euros par an et par habitant", explique l'économiste Pierre Rondeau.

"Il faut renforcer la solidarité européenne"

Mais en Finlande, en Allemagne et en Bulgarie, la dépendance au gaz russe est beaucoup plus importante:

"Si l’on décide de boycotter le gaz russe, il y aura des conséquences et ça va coûter de l’argent. Ce sera plus compliqué pour la Finlande, la Bulgarie ou l’Allemagne qui sont très dépendants du gaz russe notamment. Pour cela, il faut renforcer la solidarité européenne pour trouver des solutions", ajoute Pierre Rondeau.

Pour lui, il faut boycotter les produits russes: "Continuer à acheter des produits russes, c’est cautionner les massacres, l'accepter et fermer les yeux. Il faut aller vers un arrêt des achats de gaz et de pétrole russe", plaide-t-il.

"Il ne faut pas se couper de la Russie"

Pour Périco Légasse, se passer de gaz russe ne servirait à rien : "Si j’ai la certitude que couper les achats de gaz et de pétrole fragilise le régime de Poutine, je suis prêt à avoir froid. Mais je pense que cela ne servira à rien. Vladimir Poutine ira voir les Chinois, il trouvera d’autres débouchés ailleurs. Il faut se débarrasser de ce régime et de ce mec parce qu’il y a aussi les oligarques."

"Mais il ne faut pas se couper de la Russie. Si on coupe tout et on laisse le peuple russe en pâture, la Russie trouvera quand même d’autres alliances", conclu-t-il.

Pour l'instant, les produits russes interdits d'importation dans l'Union européenne représenteraient un manque à gagner de 5,5 milliards d'euros par an à la Russie.

G.D.