RMC

Guerre en Ukraine: combien coûterait un embargo total sur le gaz, le pétrole et le charbon russe

Le Conseil d’analyse économique a réalisé une étude pour chiffrer l'impact qu'aurait un embargo total de la part des pays européen sur les importations de gaz, pétrole et charbon russe. S'il ne serait finalement pas si fort en France, dans d'autres pays comme l'Allemagne, la situation est bien plus compliquée.

Combien nous coûterait un embargo total sur le gaz, le pétrole et le charbon russe? On commence à avoir une évaluation plus précise. Une étude vient d’être réalisée par le Conseil d’analyse économique, le groupe d’économistes indépendants qui conseille le gouvernement. Et le message est assez clair. Mettre fin aux importations d'énergie en provenance de Russie serait économiquement supportable pour l’Union européenne en général et pour la France en particulier. Il en coûterait en effet 0,2 à 0,3% au PIB européen, soit 100 euros par adulte et par pays.

Certains Etats seront évidemment plus pénalisés que d’autres. Ce sera le cas de la Lituanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande ou la République tchèque, qui auront besoin d’une solidarité européenne.

La France est le pays qui s'en tirerait le mieux dans l'UE

La France est le pays qui s’en sortirait le mieux. D’abord, parce que le défi le plus complexe, c’est de trouver un substitut aux importations de gaz. Pour le pétrole et le charbon, il existe suffisamment de capacités de production disponibles dans le monde pour compenser 90% des achats à la Russie.

Or la France est beaucoup moins dépendante du gaz russe que l’Allemagne, par exemple: il ne représente que 20% de notre conso, 55% outre-Rhin.

Finalement, la France perdrait 0,2 à 0,3 point de PIB, soit un coût de 70 à 105 euros par adulte. L’Allemagne pourrait perdre jusqu’à 3% dans pire des scénarios, un impact quasiment dix fois plus fort, avec un coût par personne de 100 à 900 euros.

Il existerait une solution aussi efficace pour pénaliser la Russie et moins coûteuse pour nous. Le Conseil d’analyse économique juge que la mise en place de droits de douanes exorbitants sur les importations énergétiques russes, par exemple de 40%, entraînerait une réduction très forte des importations, d'environ 80%. Mais les 20% restants permettraient d’amortir le choc, qui serait 3 à 4 fois plus faible qu’en cas d’embargo total.

Emmanuel Lechypre