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Conflit israëlo-palestinien: il y a 70 ans, c'était la Nakba, la "catastrophe" pour 700.000 Palestiniens déplacés

Les Palestiniens de Gaza sont appelés à manifester à nouveau ce mardi le long de la frontière avec Israël, au lendemain d'une journée qui a fait 59 morts. On craint un nouveau bain de sang, d'autant que cette journée marque la commémoration du déplacement forcé de 700.000 Palestiniens il y a 70 ans, la Nakba.

Après la journée meurtrière de lundi, où 59 palestiniens ont été tués le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, on craint une nouvelle journée sanglante ce mardi. Les Palestiniens sont appelés à manifester à nouveau pour dénoncer l'installation de l'ambassade américaine à Jérusalem, le jour de l'anniversaire de la création de l'Etat d'Israël. Ce mardi est aussi une date spéciale, pour les Palestiniens cette fois: c'est la Nakba, la "catastrophe" en arabe, qui désigne le déplacement forcé de 700.000 Palestiniens il y a 70 ans.

Le 15 mai 1948, Adila est une jeune mariée palestinienne et vient d’emménager à Jafa, près de Tel Aviv. 70 ans après, elle n’oublie pas ce jour où les autorités lui ont ordonné d’évacuer les lieux. "On n'a rien pris, aucun bagage. On est parti comme ça. Tout est resté dans la maison, on a fermé la porte et on a évacué. On pensait qu'on serait loin de chez nous que pour une ou deux semaines. Mais on n'est jamais rentrés".

"On n'est jamais rentrés"

Adila rêve encore de quitter le quartier de réfugiés où elle vit désormais avec toute sa famille. Pour son fils Abdesalam, l’exil a trop duré. "On doit rentrer chez nous, c'est non négociable. Ici on survit comme des réfugiés. Ici, ce n'était que des tentes quand on est arrivés. Peu à peu on a construit en dur comme on pouvait, mais ça reste un camp de réfugiés." Jour sombre pour les Palestiniens, cette date a une résonance inverse du côté des Israéliens. Ils célèbrent, la veille, la création de leur Etat le 14 mai 1948. Le mot Nakba est tabou en Israël, sa commémoration, proscrite dans l’Etat hébreu.

P. G. avec Alice Froussard