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En Hongrie, au pied du "mur" anti-migrants de Viktor Orban

Le conseil européen se tient ce jeudi et vendredi à Bruxelles et tente de trouver des solutions à la crise migratoire. La Hongrie est à la tête d'un axe "anti-migrants" et refuse toujours de se voir imposer des quotas par l'UE.

A gauche on aperçoit une double clôture, des barbelés, des miradors désertés. A droite, les champs de blé hongrois, c'est le calme plat. Seuls les grillons brisent le silence. Nous sommes à Röszke, où la Hongrie a fait construire un mur pour empêcher les migrants de traverser la frontière avec la Serbie. Il y a 3 ans, c'était des centaines de migrants qui arrivaient chaque jour devant le portail d’Adriana. Elle s’en souvient, comme si c’était hier.

"C’était horrible, une nuit je me rappelle, j’ai ouvert le portail à cause du bruit. Les migrants se cachaient derrière les voitures"

Pour Zoltan, son mari, né dans ce village, c’était du jamais vu.

"Il y en avait des centaines, des milliers de personnes. Ici, là, juste dans la rue. Ils venaient d’Afghanistan, de Syrie... Et la nuit, les policiers, les passeurs, c’était comme si c'était la guerre, sauf qu’on n'était pas armés. Puis ils ont construit la clôture et stop, plus de migrants"

"On est trop différents. On ne les comprendra jamais et eux non plus"

Ces deux producteurs de tomates ne veulent accueillir aucun migrant dans leur pays.

"Aujourd’hui on nous dit qu’il faut entretenir des centaines de milliers de personnes. Mais avec quel argent ? Celui de mon fils ? De mon père ? De sa retraite ? Moi je suis pas d’accord, et puis on est trop différents. On ne les comprendra jamais et eux non plus"

"La Hongrie a le droit de choisir avec qui elle veut vivre à l’intérieur de ses frontières"

Le long de ce mur-frontière, ce discours est récurrent. Dans le village voisin de Tissassiget, Ferenscz Ferenzi, son maire, salue la femerté du président hongrois Victor Orban. Il refuse toujours les quotats de migrants imposés par l’Europe:

"On est pas rentrés dans l’UE pour qu’on nous disent ce qu’on doit faire en Hongrie. Ce n’est pas comme en France, on a des spécificités que l’on veut les conserver. Nous on veut défendre nos valeurs chrétiennes, et c’est pour ça que la Hongrie a le droit de choisir avec qui elle veut vivre à l’intérieur de ses frontières"

Et justement de l'autre coté de cette frontière, dans un centre de transit serbe, les cris d’Anisa, petite pakistanaise, coincée aux portes de l’Europe depuis sa naissance il y a un an et demi, arrivera-elle un jour à passer ? Sa mère, Zarah nous répond convaincue: 

"L’Europe c’est comme de l’or au sommet d’une montagne. Je ferai tout pour qu'on y arrive ma fille et pour moi".
Marie Monier (avec J.A.)