RMC

Migrants: "Nous préférons qu'ils ne passent par aucune frontière et qu’ils restent chez eux"

Le sommet européen sur les migrants prévu la semaine prochaine est boycotté par quatre pays dont la Hongrie qui refuse d’y participer. Georges Károlyi, ambassadeur de Hongrie en France était l’invité de la matinale Jean-Jacques Bourdin ce vendredi 22 juin.

Le parlement hongrois a adopté une loi qui prévoit de sanctionner d’un an de prison toute personne portant assistance à un migrant entré illégalement en Hongrie sauf si sa vie est menacée par un danger immédiat.

Elle vise aussi à empêcher les particuliers comme les ONG d’approcher à moins de 8 kilomètres les frontières hongroises s’ils sont soupçonnés de venir en aide aux migrants. Cette loi va aussi rendre inconstitutionnels les quotas de migrants.

"La bonne décision consiste à empêcher la migration et à dissuader les migrants de migrer"

La Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie mais aussi la Hongrie ont refusé de se rendre à la réunion préparatoire au sommet de l’Union européenne prévu la semaine prochaine. Pour l'ambassadeur hongrois en France, Georges Károlyi, l'Union européenne ne remplit pas ses objectifs.

"Nous attendons de l’Union européenne en matière migratoire qu’elle retombe sur ses pieds, qu’elle retombe sur ses fondamentaux et qu’elle prenne les bonnes décisions. Ces bonnes décisions ne consistent pas à gérer désespérément le phénomène migratoire une fois qu’il s’est présenté en Europe. La bonne décision consiste à empêcher la migration et à dissuader les migrants de migrer. Il faut apporter l’aide là où on en a besoin c’est-à-dire dans les lointains pays d’Afrique d’où partent tous ces gens et non pas à importer les problèmes chez nous".

"Notre pays ne se sent pas visé par les propos d'Emmanuel Macron"

Lors d’un discours en à Quimper en Bretagne, Emmanuel Macron a dénoncé la "lèpre qui monte" en Europe, "le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent" et ceux qui "trahissent même l'asile", des propos visant particulièrement la politique hongroise.

"Notre pays ne se sent pas visé par les propos d'Emmanuel Macron. Nous ne refusons pas toutes arrivées, nous empêchons que les migrants ne passent pas la Hongrie pour rentrer en Europe. Nous préférons que les migrants ne passent par aucune frontière et qu’ils restent chez eux où ils ont le droit de trouver leur bonheur. Il faut traiter les problèmes là où ils naissent et non là où ils arrivent", a expliqué Georges Károlyi au micro de Jean-Jacques Bourdin.

L’ambassadeur hongrois s’est dit "favorable" à la volonté de l’Union européenne de créer des centres d’accueil appelés "hotspots" en Afrique du Nord, pour séparer les demandeurs d’asile des migrants économiques. Selon lui, "une idée hongroise", mise en avant par son pays depuis plus de deux ans.

Bourdin Direct (avec C.P.)