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Hongrie: Viktor Orban, le plus autoritaire des dirigeants européens, a été réélu

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a été réélu ce week-end. Malgré l'union des six partis d'opposition, il a rassemblé 53,35% des voix.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban a été réélu ce week-end. C’est la victoire du plus ancien des dirigeants européens, en poste sans discontinuer depuis 2010. Il avait déjà été Premier ministre en 1998 alors qu’il n’avait que 35 ans.

Aujourd’hui, c’est le doyen, mais surtout le plus autoritaire des dirigeants européens. C'est sa marque de fabrique. Il a réformé la constitution pour donner tous les pouvoirs au parti majoritaire, la Commission européenne lui reproche ses atteintes aux principes de l'Etat de droit comme le manque d'indépendance du pouvoir judiciaire, la mainmise sur les médias, la stigmatisation des minorités, en particulier des LGBT. Il a aussi réussi a installé des amis à lui à tous les postes et à la tête des plus grandes entreprises. Son ami d’enfance, qui a grandi avec lui dans son village, était un modeste technicien chauffagiste. Aujourd’hui, il est devenu l’homme le plus riche du pays.

Viktor Orban est nostalgique de la puissance de l’empire austro-hongrois. Il défend la nation, l’identité, le travail, et la famille. Et il soutient tous les partis d'extrême droite en Europe. On se souvient qu’il a d’abord reçu à Budapest Eric Zemmour, puis Marine le Pen de façon beaucoup plus officielle. Marine Le Pen a été la première à le féliciter dimanche soir.

Soutien inconditionnel de Vladimir Poutine

Dans ce scrutin, il partait avec deux handicaps. Le premier, c’est son soutien à Vladimir Poutine, son mentor, sa source d’inspiration. Il n’a jamais caché admirer le maître du Kremlin et il a rendu son pays totalement dépendant au pétrole et au gaz russe. Et par conséquent, la Hongrie est le seul pays européen qui n’a pas condamné la guerre en Ukraine. Ce qui l’a coupé de son dernier allié en Europe, la Pologne.

Deuxième handicap, tous les partis d’opposition s'étaient alliés contre Viktor Orban. De l'extrême droite aux écologistes, six partis se sont rangés derrière la candidature d’un conservateur pro-européen, Peter Marki-Zay. Mais cela n’a pas suffi. À six contre un, c’est l’autoritaire sortant qui s’est imposé.

Nicolas Poincaré