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"Marseille ressemble de plus en plus à la Libye ou à Alger", lance Jordan Bardella

Interrogé sur l'accueil des réfugiés ukrainiens dans "Les Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC et RMC Story, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé qu'il se sentait plus proche d'eux que d'autres réfugiés.

Plus d'un million de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, selon les derniers décomptes de l'ONU jeudi. Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) recensait exactement 1.038.583 réfugiés sur son site internet dédié. "En seulement sept jours, nous avons assisté à l'exode d'un million de réfugiés depuis l'Ukraine vers les pays voisins", a tweeté Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations unies aux réfugiés dans la nuit.

En France, les initiatives politiques se multiplient pour favoriser l'accueil des réfugiés. Une grande majorité des candidats à la présidentielle, Eric Zemmour exclu, se sont prononcés pour l'accueil des Ukrainiens fuyant l'invasion russe. Même le Rassemblement national a plaidé pour l'entrée sur le territoire des Ukrainiens fuyant la guerre, après avoir refusé celle des Afghans échappant au retour des Talibans l'été dernier.

Et pour cause: "Ils sont plus proches de chez nous. Je me sens 'civilisationnellement' parlant plus proche des Ukrainiens que je ne l'étais des Syriens, qui sont des peuples beaucoup plus loin dont l'accueil peut se faire par d'autres pays musulmans", a justifié ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" Jordan Bardella, le président du Rassemblement national.

"Si la solidarité européenne a un sens, elle doit s'exprimer"

Interrogé sur cette différence de traitement alors qu'Olivier Truchot lui faisait remarquer que la Libye était aussi éloignée de Marseille que l'Ukraine de Strasbourg, l'eurodéputé a assuré que la cité phocéenne ressemblait d'ailleurs "à la Lybie".

"C'est vrai que Marseille ressemble de plus en plus à la Libye ou à Alger mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que si la solidarité européenne a un sens, je pense que c'est là qu'elle doit s'exprimer. Dans le strict respect du droit d'asile, qui a été dévoyé pour accueillir tout et n'importe qui, des familles qui temporairement, dans le temps du conflit, sont sous les bombes aujourd'hui et dont les maris sont partis combattre, on peut les accueillir", a lancé Jordan Bardella.

Face à l'afflux de réfugiés ukrainiens à venir, Gérald Darmanin a annoncé que leur visa de 90 jours pourraient être prolongé de 90 jours. Dans la foulée, la SNCF a annoncé la gratuité des trajets pour tous les Ukrainiens fuyant la guerre. Des mesures qui ont étonné une partie de l'opinion publique. "Faire le tri entre les réfugiés est vraiment indécent, accueillir des réfugiés de guerre est un devoir d'humanité", avait notamment plaidé le député La France insoumise Adrien Quatennens le 28 février sur France 5.

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La rédaction de RMC