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Midterms: vers la majorité à la Chambre pour les républicains, mais pas de vague rouge

Aux Etats-Unis, le verdict des midterms n'est pas encore définitivement connu. La tendance est à une victoire des républicains à la Chambre des représentants, mais c'est serré. Donald Trump, lui, est bel et bien de retour.

"Too close to call". Trop serré pour que l’on puisse se prononcer. C’est la phrase qui continue à être répétée en boucle par les télés américaines. Comme lors de la présidentielle, les Américains se sont couchés sans savoir qui a gagné aux midterms. Et il va falloir attendre encore plusieurs heures, voire plusieurs jours. Parce que les résultats sont serrés, et parce qu’ils vont être contestés dans plusieurs états. La tendance à l’heure où l’on parle, c’est qu’il n’y a pas eu de vague rouge. Les républicains sont bien placés pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants mais ils n’en sont pas encore certains (193 contre 170 à cet instant selon CNN). Quant au Sénat, les démocrates peuvent encore avoir l’espoir d’en garder le contrôle (48 démocrates contre 47 républicains à cet instant).

En attendant, une chose est sûre: Donald Trump est de retour. Il a pris la parole depuis sa résidence en Floride dès 22 heures, 4 heures à Paris. Il s’est d’abord adressé aux nombreux journalistes présents en leur lançant : ‘Bienvenue les médias menteurs". Puis il a salué ce qu’il appelle des résultats extraordinaires. Et il a tenu des propos assez incohérents pendant une dizaine de minutes.

Avant cette prise de parole, l’ancien président s'était beaucoup exprimé sur les réseaux sociaux. Essentiellement pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités. Il a parlé d'électeurs empêchés de voter à Detroit. De machine à voter en panne en Arizona et d’autres incidents un peu partout. Et Trump commente: “C’est scandaleux, les gens ne se laisseront pas faire, protestez, protestez”.

Bref, avant même la fermeture des bureaux de vote, il entretient l’idée que ces élections risquent d'être truquées comme l’a été, selon lui, la présidentielle de 2020. Et tout cela alors qu’il a prévenu qu’il annoncerait une grande nouvelle mardi prochain. Cette grande nouvelle, c’est sa candidature à la prochaine présidentielle de 2024.

Des proches et le rival de Donald Trump réélus

Plusieurs proches de Donald Trump sont réélus. Et certains parmi les plus radicaux. Comme Marjorie Taylor Green en Georgie. C’est cette femme de 48 ans, complotiste, qui a par exemple affirmé que les incendies en Californie avaient été allumés par les juifs et en particulier par la famille Rothschild. Elle est largement réélue à la Chambre des représentants. Réélection aussi de Matt Gaetz en Floride. Un élu qui a approuvé l'assaut du Capitole en janvier 2021, et qui a soutenu les Proud Boys, un groupe masculiniste et quasiment fasciste…

Donald Trump peut se féliciter de l'élection de candidats qui se revendiquent du mouvement MAGA, les initiales de “Make America Great Again”. Le slogan des trumpistes. Mais sans doute pas autant qu’il l'espérait… Et le principal concurrent de Donald Trump chez les républicains s’est aussi imposé. C’est la mauvaise nouvelle pour l’ancien président. Le gouverneur de Floride Ron De Santis a largement été réélu.

Il ne cache pas son intention d'être candidat à la présidentielle et il est très populaire chez les républicains. C’est un ancien militaire qui s’est fait connaître avec quelques propositions polémiques. Il suggère par exemple d’envoyer les migrants clandestins vers les villes les plus chics du nord-est du pays, villes contrôlées par les démocrates… La course à l’investiture républicaine a commencé cette nuit entre Donald Trump et Ron De Santis.

En attendant, s’il devait se confirmer que les républicains emportent la majorité à la Chambre des représentants, quelles seraient les conséquences? On aurait un président Joe Biden qui serait très contraint pour les deux dernières années de son mandat. Il aurait très peu de marge de manœuvre en matière budgétaire. Pour prendre un seul exemple, il ne pourrait plus, seul, décider de débloquer d'énormes sommes pour aider militairement l’Ukraine.

Et puis Joe Biden devrait s’attendre à subir une sorte de guérilla. Les républicains ont déjà prévenu qu’ils comptaient lancer des commissions d'enquête contre lui et surtout une procédure de destitution. Joe Biden va bientôt fêter à la Maison blanche ses 80 ans, mais les républicains ne vont pas lui faire de cadeaux…

Nicolas Poincaré