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Mondial 2018: les hooligans russes, "la bagarre" pour se "sentir vivants"

Le sujet des hooligans est pris très au sérieux durant ce Mondial en Russie. En Russie, notre envoyé spécial a pu rencontrer deux d'entre eux.

Comme pour toutes les Coupes du Monde, le centre de coopération internationale est fin prêt pour d'l'ouverture du Mondial. Des représentants des polices des 32 pays participant à la Coupe du Monde vont travailler à assurer la sécurité des supporters pendant toute la compétition. Et également à éviter tout débordement lié au hooliganisme.

A Moscou, RMC a pu rencontrer deux de ces hooligans russes, réputés particulièrement violents. Pavel, père de famille, cadre dans une grande entreprise, est un hooligan et assume: "Nous, on défend l’honneur de notre équipe en dehors des tribunes, c’est simple, c’est ça un hooligan. Chaque personne choisit sa vie, ses loisirs, moi, je suis un homme et pour moi la bagarre c’est ça, c’est une partie de ma vie".

"Ça nous permet de nous déstresser"

Ces derniers mois, les ultras russes sont très discrets en ce moment. Mais sur leur téléphone des scènes de bagarre impressionnantes. Igor y participe de temps en temps: "Ça nous permet de nous déstresser, ça nous apporte l’adrénaline, qu’on n’a pas dans notre vie de tous les jours. Nous ne sommes pas des gens marginaux dans la vie, ça nous permet juste de nous sentir vivants".

Des hooligans traqués, fichés deux ans par le puissant FSB. Le chercheur Ronan Evain, qui a longtemps étudié le sujet, assure qu’ils ne se montreront pas pendant le Mondial: "Les messages de dissuasion qui sont véhiculés ne sont pas des menaces en l'air, les conséquences pourraient être assez compliquées. Les supporters radicaux sont relativement bien intégrés socialement. On n'est pas du tout sur des têtes brûlées qui seraient prêts à prendre des risques inconsidérés pour attaquer des Anglais ou des Croates". Et certains ont même quitté la Russie, quelque temps, pour éviter tous les soupçons.

Thomas Chupin (avec P.B.)