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Qui est Nafissatou Diallo, victime dans l'affaire DSK qui sort du silence 9 ans après?

LE PORTRAIT DE NICO - L'ancienne femme de chambre s’était faite très discrète depuis l'affaire du Sofitel en mai 2011.

C’est sa première interview depuis l’affaire du Sofitel, il y a neuf ans. Nafissatou Diallo s’est confiée à Olivier O'mahony, le correspondant du journal aux Etats-Unis. Parce que dit-elle, elle veut que l’on sache qui elle est.

Et celle qui apparaît sur les photos comme une grande femme élégante de 42 ans, raconte donc son enfance de petite africaine. La fille d’un imam dans un village de Guinée. Élevée avec 7 frères et sœurs dans une maison d’une seule pièce sans eaux ni électricité. Totalement illettrée, sans aller à l’école, excisée à 7 ans, mariée de force à 14 ans, rapidement mère de deux enfants dont un qu’elle va perdre, puis veuve à 19 ans. 

Son histoire, c’est aussi un Viol par des soldats dans la capitale Conakry avant de parvenir à gagner l’Amérique avec de faux papiers. Arrivée à New York, elle dit avoir été séquestrées deux ans par une famille guinéenne qui l’emploie sans la payer comme baby-sitter pour se rembourser d’avoir financer son voyage…. Voilà l’histoire, banale et tragique qu’elle raconte en pleurant parfois pendant l’entretien.

Trahie par les procureurs ?

Sur ce qui s’est passé le 14 mai 2011 en fin de matinée au Sofitel de New York, elle refuse d’en dire beaucoup mais donne sa version. Elle est rentrée dans la suite 2806, parce qu’on lui avait dit qu’elle était vide. Elle est tombée sur un homme nu qui sortait de la chambre. Elle a dit “Oh mon dieu, désolé” puis dit elle : “Tout est arrivé”. Et quand ça été fini, je me suis enfuie en crachant partout. Elle raconte qu’elle s’est ensuite cachée dans le couloir. Qu’elle a vu DSK sortir et prendre l'ascenseur. Que leurs regards se sont croisés. Et qu’ensuite, elle est retournée dans la suite. Jusqu'à l’arrivée de sa cheffe a qui elle s’est confiée. Fin du récit, elle ne veut pas en dire plus sur ce qu’elle appelle non pas le viol ou l’agression, mais “l’accident.”

Paris Match lui fait remarquer que le procureur de New York a abandonné les poursuites contre Dominique Strauss-Kahn parce qu’elle avait trop varié dans son témoignage. Elle conteste, affirme qu’elle s’est toujours tenue à la même version des faits : celle-ci.

Elle estime que les policiers New-Yorkais ont bien fait leur travail, mais que les procureurs l’ont trahi. 

Qu’est-t-elle devenue depuis 9 ans ? Elle ne veut pas s'étendre. Elle dit juste qu’elle a un moment tenu un restaurant, mais l'établissement a fini par être incendié. Aujourd’hui, on ne sait pas comment elle vit. On sait qu’elle est restée à New York. 

Nicolas Poincaré