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"Routes d'Europe": en Hongrie, les réfugiés font face à l'hostilité de la population

Face au discours du gouvernement, les réfugiés sont rejetés, et même certaines fois, considérés comme dangereux par la population hongroise qui subit la propagande du gouvernement.

Il dit vouloir "protéger son pays". La lutte contre l’immigration, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban en a fait sa priorité pour cette campagne pour les élections européennes. Selon lui, les migrants menace l’identité du pays. Dans chaque rue, à chaque carrefour, sont placardées de grandes affiches où apparaissent le drapeau hongrois et ce message: "Avec Viktor Orban, dites stop à l’immigration". 

Un slogan qui rassure Elisabeth. "Je suis très contente du courage de Viktor Orban. Pour lui, la priorité c’est la sécurité de la nation et je lui tire mon chapeau", indique-t-elle. 

Cette retraitée se souvient de 2015 quand des dizaines de milliers de migrants passent la frontière hongroise. La peur et les fantasmes les plus terribles s’installent. 

"C’était terrifiant. Devant la gare de Budapest, ils étaient là dans leurs tentes, tous des hommes âgés de 18 à 40 ans. On m’a dit qu’ils avaient volé des téléphones, il paraît même qu’ils ont violé des femmes. On ne pouvait pas savoir qui était terroriste ou non", confie la retraitée. 

Les réfugiés isolés

L’étranger, cette menace, cet ennemi qui va envahir la Hongrie. Un discours xénophobe que Viktor Orban martèle et que subit Radwa, réfugiée syrienne depuis 4 ans. 

"Parfois quand je prends le bus, les gens ne veulent même pas s’asseoir à côté de moi. D’autres fois, c’est des insultes", affirme-t-elle. Mais Radwa s’interrompt. Elle ne veut pas en dire trop et elle refuse de blâmer les Hongrois. 

"Ce n’est pas de leur faute, c’est celle du gouvernement qui propage la peur chez les gens. Je suis sûr que si je fais tout mon possible ici, ils changeront leurs regards sur moi", espère la réfugiée. 

Propagande du gouvernement

Sa mère Lilas tente même de comprendre le peuple hongrois. "C’est à cause de la propagande de ce qu’ils lisent, de ceux qu’ils entendent, de ceux qu’ils lisent. On ne peut pas leur en vouloir de vouloir se protéger. Et puis tous les Hongrois sont comme ça", argumente-t-elle. 

Au pied de l’appartement, c’est le même cri du cœur pour Andrach, citoyen hongrois.

"J’ai honte que Viktor Orban soit notre Premier ministre. Les migrants en Hongrie, c’est n’importe quoi, il n’y en a quasiment pas ici, c’est uniquement la propagande du Fidez d’Orban. Il n’y a rien de réel dedans", affirme ce Hongrois.

La Hongrie est le pays de l’Union européenne qui compte le moins d’étrangers par rapport à sa population. Sur le million de réfugiés arrivés il y a quatre ans, presque aucun n’est resté sur le territoire. 

Marie Monier et Juliette Droz avec Guillaume Descours