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Booba vs Magali Berdah: pourquoi le rappeur a la reine des influenceurs dans le collimateur

La bataille entre Booba et les influenceurs dure depuis déjà des mois. Alors que la justice à ouvert une attaque à la suite d'une plainte du rappeur, l'émission "Complément d'enquête" a diffusé dimanche soir un reportage sur le business florissant des influenceurs avec un personnage principal, celle qui est à l'origine de cette économie et la cible principale des attaques de Booba: Magali Berdah.

La justice a ouvert une enquête sur la plus grande agence d’influenceurs dirigée par Magalie Berdah. Cette enquête a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par le rappeur Booba.

Le rappeur originaire de Boulogne-Billancourt, qui a rassemblé 80.000 personnes au Stade de France il y a dix jours, est parti en guerre contre ce qu’il appelle les “influ-voleurs”, ces vedettes de la téléréalité qui monnaient leur notoriété en faisant ce qu’on appelle du placement de produits, c’est-à-dire de la pub à travers leurs vidéos sur les réseaux sociaux.

Booba a déposé une plainte d’une quinzaine de pages dans laquelle il liste des exemples d’arnaques. Des produits qui ne sont jamais livrés, des produits à un euro, mais où on s'aperçoit ensuite que l’on a au passage souscrit un abonnement à 70 euros, ou encore un produit censé être un épilateur électrique alors qu’on reçoit un simple rasoir...

Une bataille dans laquelle s’est lancée le rappeur alors qu’il n’a pas lui-même été victime. Il ne représente pas une association de consommateurs, mais disons qu’il aime bien la bagarre, les clashs et le fight. Son avocat, Patrick Klugman, a expliqué lundi soir à RMC: “C’est son côté ‘pirate’. Il veut s’attaquer à ceux que les autres n'ont pas le courage de dénoncer". Et aujourd'hui, celle qu’il a dans le nez, c’est Magali Berdah, 40 ans, fondatrice de l'agence Shauna Events. Sa plainte vient donc de déboucher sur l’ouverture d’une enquête pour pratiques commerciales trompeuses.

Une nouvelle économie

Magali Berdah, c’est une femme qui n’avait rien ou presque il y a encore quelques années. Elle a d’abord été courtière dans les mutuelles avant de faire faillite et de se retrouver surendettée. Par hasard, elle est tombée sur des anciens candidats de téléréalité, un peu paumés, mais avec beaucoup de fans sur les réseaux sociaux. Avec eux, elle a inventé un mot, “influenceur”, et surtout inventé une économie, celle de la monétisation de cette influence.

Elle est vite devenue la reine ou la papesse dans son domaine. Elle compte entre 100 et 200 vedettes dans son catalogue, la plus connue étant Nabilla. Les mieux payés peuvent gagner grâce à elle jusqu'à 250.000 euros par mois. Mais elle ne se contente pas d'être une agente, elle-même est une star des réseaux sociaux, suivie par plus d’un million de followers, notamment grâce à ses passages comme chroniqueuse chez Cyril Hanouna où elle joue la fausse ingénue et la souffre-douleur de l’animateur.

Dans une interview à Vanity Fair, elle a confié: “J’aime que l’on ne sache pas si je suis la pire des bouffonnes ou bien une businesswoman qui a créé une nouvelle économie”.

En tout cas, son économie est florissante. Sa société Shauna Events réalise 40 millions de chiffre d'affaires, emploie 60 personnes avec des bureaux sur les Champs-Elysées et à Dubaï. C’est une économie en circuit fermé. Shauna Events a été rachetée par Banijay, la société de Stéphane Courbit, premier producteur indépendant de contenu audiovisuel du monde. Banijay est aussi le producteur des “Marseillais”, des “Ch'tis”, de “L'île de la tentation”... Toutes ces émissions où naît la notoriété de ces influenceurs. Banijay contrôle aussi H2O, la société qui produit Touche pas à mon poste, là où les influenceurs viennent conforter leur notoriété. Et le présentateur de cette émission, Cyril Hanouna, est également actionnaire de Shauna Events. C'est-à-dire que lorsqu’il reçoit ces influenceurs, il est aussi leur patron. La boucle est bouclée.

Une plainte contre Booba

Magali Berdah s’est expliquée dimanche dans l'émission “Complément d'enquête”, face aux accusations d’arnaques ou de pratiques commerciales frauduleuses. Elle plaide la bonne foi. Et précise que ses influenceurs postent 3.000 vidéos par an et que seule une vingtaine pose problème. Elle affirme aussi qu’elle fait le ménage pour ne plus faire la promotion de produits de contrefaçon ou bien de la chirurgie esthétique.

Et elle rappelle qu’elle aussi a porté plainte contre Booba, parce que la campagne qu’il mène contre elle a eu pour conséquence un déferlement de messages haineux, de menaces de viol ou de meurtre et d’insultes antisémites.

Nicolas Poincaré