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Influenceurs : pourquoi les jeunes les aiment tant?

Depuis quelques mois, le monde de l'influence est sous le feu des projecteurs. Booba accuse les influenceurs de duper leurs abonnés. Selon lui, certains d’entre eux fondent leur fortune sur des partenariats avec des sites de “drop shipping”, un système de vente qui consiste à vendre plus cher des produits de piètre qualité. La rédaction de RMC a donc voulu s'intéresser à la cible des influenceurs, les jeunes. Pourquoi un tel intérêt pour les créateurs de contenus ? Sarah Hamny, est allée à leur rencontre dans le 17e arrondissement de Paris, devant l'Hôtel Mahfouf, le concept-store de l'influenceuse Léna Situations.

Sur place, ils sont une bonne dizaine à faire la queue pour entrer à l'Hôtel Mahfouf. Ces jeunes ont une culture surdéveloppée des réseaux sociaux et se disent implacables sur les dernières tendances TikTok et Instagram. Et pour cause, ils passent littéralement des heures sur leurs portables à scroller.

Margaux, 16 ans, fait partie de ces aficionados des réseaux rencontrés devant l’Hôtel Mahfouf. Elle passe plusieurs heures par jour à scruter les actualités de ses proches, mais aussi de ses influenceurs et stars préférés : “Moi je suis BigFlo et Oli, c'est des rappeurs mais c'est pareil, Squeezie, McFly et Carlito", décrit l’adolescente.

Sur les réseaux sociaux, on peut retrouver des milliers d'influenceurs, dans tous les domaines possibles. Il y a du lifestyle, du sport, de la beauté, de la cuisine, de la musique, des mangas... bref, il y en a pour tous les goûts. Les influenceurs parlent de leur vie au travers de photos et de vidéos, et c’est justement cette profusion de contenus qui attire Teomi.

“Quand on est dans des phases où on n'est pas bien, ils nous donnent toujours le sourire, toujours un aspect positif, du coup ça donne envie de suivre. On est comme des amis. Avec des influenceurs comme Léna justement, il n'y a pas de différence entre elle et nous, elle ne nous prend pas de haut"

C’est là que se trouve l’une des clés de cette activité d’influenceur : la grande proximité avec leurs abonnés afin de créer un sentiment d’appartenance.

Mais alors que certains se servent des réseaux sociaux pour faire passer des messages contre les discriminations, d’autres utilisent leur compte à des fins commerciales.

Et très vite, certains abonnés tombent dans le panneau.

C’est le cas de Sam, 20 ans, qui explique que l’on peut “très vite être influencé par une personne, des fois, sans même s'en rendre compte. On peut commencer à faire des choses qu'on ne fait pas de base juste car on ne fait que de suivre le contenu, à voir que des influenceurs qui consomment des marques. J'ai commencé à faire pareil, à acheter des marques et tout. Voir les influenceurs avec les dernières chaussures, les derniers partenariats, et bien ça donne envie de faire pareil".

Les adolescents pas forcément ciblés selon M. Berdah

Mais les influenceurs se rendent-ils vraiment compte des répercussions qu’ils ont sur leurs abonnés? Oui, si l’on en croit Magali Berdah, l’une des figures de proue de cette sphère d’influenceurs et cible répétée des invectives du rappeur Booba, qui mène une véritable fronde contre les potentielles arnaques des influenceurs.

Dans l’esprit de Magali Berdah, c’est d’abord aux parents de contrôler l’activité de leur(s) enfant(s) sur internet.

“Quand on fait du placement de produit, on ne vise pas forcément les jeunes. À un certain âge, on n'est pas censé avoir une carte bleue, les parents doivent contrôler. Ma fille, par exemple, qui regarde la télé et voit des publicités, ce n’est pas forcément pour ça qu’elle va aller acheter car je contrôle ce qu’elle dépense et ce qu’elle fait” se défend la star de téléréalité.

Une chose est sûre, c’est que tout cet engouement derrière les influenceurs génère du profit pour ces derniers. Marques de produits de beauté, de décoration, de vêtements, restaurants… Concrètement, les enseignes souhaitant se faire de la publicité proposent aux influenceurs des codes promos exclusifs à leur communauté.

Ensuite, le revenu généré est proportionnel à l’engagement des abonnés, explique Magali Berdah.

“Ils ont un cachet pour représenter le produit, pour en parler. Et aujourd’hui on ne paye plus les gens en fonction du nombre de followers, mais par rapport au taux d’engagement. Vous avez des influenceurs aujourd’hui qui ont 100, 200 000 abonnés et qui vont faire plus de vente que quelqu’un qui a 1,5 million d’abonnés car ces abonnés seront plus actifs”

Selon une étude, les influenceurs de plus de 80 000 abonnés peuvent toucher au minimum 980€ par publication.

Alexis Lalemant avec Sarah Hamny