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"De la discrimination pure et simple": Louis Aliot dénonce le "chantage" d'Indochine avec Perpignan

Face au refus d'Indochine et Louise Attaque de se produire dans la principale ville de France dirigée par le Rassemblement national, le festival de musique Les Déferlantes a renoncé ce mardi à organiser son édition 2023 à Perpignan. Louis Aliot, le maire de la commune, réagit au micro de RMC.

C'est un comportement qu'il qualifie de "lamentable". Louis Aliot, le maire Rassemblement national de Perpignan, réagit après le renoncement du festival les Déferlantes de se produire dans sa commune, dans "Charles Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story.

La polémique autour de cet événement a commencé il y a quelques jours. Alors qu'ils avaient prévu, pour des questions de logistique et de sécurité, de s'installer à Perpignan, les organisateurs du festival ont fait machine arrière.

Ils ont été "contraints de renoncer à cette implantation" en raison des réactions de leur public et de l'annulation de "plusieurs artistes programmés", ont-il expliqué dans un communiqué, publié mardi.

"C'est du chantage de la part d'Indochine"

En effet, des artistes comme Indochine et Louise Attaque, ont refusé de se produire dans une ville dirigée par le RN. "Sans artiste, pas de festival", ont rappelé les organisateurs, annonçant se mettre "dès à présent en quête d'un nouveau lieu pour que le festival puisse se tenir dans les Pyrénées-Orientales aux dates prévues", du 6 au 9 juillet. Problème: cette décision ne passe pas du tout pour Louis Aliot.

"C’est du chantage de la part d’Indochine. C’est totalement lamentable parce que ça fait deux ans que je suis maire et des gens comme Alain Souchon, Véronique Sanson, Mika ou encore Soprano se sont succédés sur les scènes à Perpignan. Indochine n’est pas plus exceptionnel que tous ces gens-là", affirme-t-il.

Pour lui, Indochine a fait "un genre de caprice idéologique sectaire", qui "malheureusement, a eu raison de l’intérêt de tous". Il ajoute: "Ça prouve qu’il y a encore dans le milieu culturel, un prisme idéologique qui, de mon point de vue, n’est pas très démocratique."

Les avocats du maire étudient l'affaire

Très remonté, l'édile ne s'interdit pas d'aller plus loin. "L'affaire ne va pas en rester là parce que la ville de Perpignan subit un préjudice intellectuel et moral." Il affirme que la commune avait "commencé à engager un certain nombre de dépenses pour l’accueil de ce festival" et qu'il pense "qu’Indochine aura à répondre".

La justice pourrait même être saisie. "C’est de la discrimination pure et simple. Quand quelqu’un qui est programmé vous dit 'je ne viens pas parce que c’est Perpignan et parce que le maire est RN', c’est de la discrimination et c’est du code pénal. Je suis en train de faire étudier ça par mes avocats", précise Louis Aliot.

Le changement de lieu, de Céret à Perpignan, n'avait pas fait l'objet de concertation avec les artistes. En 2022, le festival avait accueilli plus de 100.000 festivaliers durant quatre jours.

Astrid Bergere