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Attaque à Paris: qui sont les trois personnes tuées?

Marche en hommage aux trois kurdes tués par balle, le 26 décembre à Paris

Marche en hommage aux trois kurdes tués par balle, le 26 décembre à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Les trois personnes tuées durant l'attaque dans le 10e arrondissement de Paris vendredi étaient toutes kurdes, de nationalité turque. L'une d'elle était une responsable du Mouvement des femmes kurdes en France.

L'enquête se poursuit après l'attaque survenue dans le 10e arrondissement de Paris, vendredi, devant un centre culturel Kurde. Trois personnes ont été tuées par balle et trois autres ont été blessées. L'auteur présumé des faits, William M., est présenté à un juge d'instruction ce lundi, en vue d'une mise en examen.

Depuis vendredi, des hommages ont eu lieu dans plusieurs villes de France. À Paris, un nouveau moment de recueillement s'est déroulé ce lundi, à proximité des lieux de l'attaque. De nombreuses personnes sont venues pour dire leur tristesse, présenter leurs condoléances et pour ne pas oublier les trois victimes.

Sa demande d'asile rejeté par les autorités françaises

Emine Kara, aussi connue sous le nom d'Evin Goyi était une responsable du Mouvement des femmes kurdes en France, selon le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F). Elle avait fait une demande d'asile politique "rejetée par les autorités françaises", a précisé le porte-parole du mouvement, Agit Polat. Agée de 48 ans, elle s'est battue pendant plusieurs dizaines d'années pour la cause kurde. Dès 2014, elle aurait combattu l'État Islamique dans le nord et l'est de la Syrie, mais son rôle dans cette lutte reste, pour l'heure, incertain.

Evin Goyi serait venue en France soigner des blessures de guerre.

“Personnellement je connais Evin Goyi, elle est activiste, combattante contre Daesh aussi. Elle mène le mouvement féminin des kurdes ici aussi”, indique un membre de la communauté kurde qui a rendu hommage aux victimes lundi à Paris.

L'amertume déposée rue d'Enghien avec les fleurs, ou portée avec la photo du chanteur Miran. Un autre figure pourchassée par la Turquie, réfugié politique. “On a joué ensemble pour la fête de la musique. Lui, il est amoureux de l’art. Il a quitté son pays pour vivre de son art”, indique un homme. “Tous les autres chanteurs ici enviaient sa voix, enviaient sa douceur et sa paix. Il venait d’avoir le visa pour sa femme et son fils. Aujourd’hui il n’est plus là”, ajoute une jeune femme.

Des personnes engagées pour la cause kurde

Abdurrahman Kizil était un "citoyen kurde ordinaire", selon le CDK-F. Il se rendait très régulièrement au centre culturel très tôt le matin et y restait parfois toute la journée. Cet homme était présent dans toutes les actions menées.

Mir Perwer avait lui le statut de réfugié politique. C'était un chanteur kurde poursuivi en Turquie pour son art.

Martin Cadoret et Marion Gauthier avec Astrid Bergere