RMC

Deux morts dans de nouvelles fusillades à Marseille: "La preuve que la visite d'Emmanuel Macron, c'était de la poudre de perlimpinpin"

Sans grande surprise, la visite historique d'Emmanuel Macron à Marseille n'a pas réussi à endiguer tout de suite la vague de violence qui touche la cité phocéenne.

Deux hommes ont été tués par balles dans la nuit de mardi à mercredi à Marseille, l'un dans le centre-ville et le second dans les quartiers nord pour des raisons encore inconnues mais qui ne seraient pas liées selon les premiers éléments. Ces deux fusillades interviennent moins d'une semaine après la visite historique d'Emmanuel Macron, déclenchée après une vague de violence estivale qui a touché la cité phocéenne.

"C'est la preuve que la visite du président de la République dans les quartiers difficiles de Marseille, c'est un feu de paille, de la poudre de perlimpinpin", a taclé ce mercredi matin sur le plateau des "Grandes Gueules" Stella Kaminga. "On peut être armé de toutes les bonnes volontés de la terre, une présence présidentielle ne résout pas le problème. Il faudrait que Macron élise domicile à Marseille peut-être pour sécuriser la ville", ironise l'étudiante.

"Tant qu'on ne prend pas le problème à bras-le-corps et qu'on ne le règle pas à sa racine, en injectant seulement des milliards, dix présidents peuvent se succéder et ça ne changera rien", ajoute Stella Kaminga.

"C'est une ville qui a une culture d'acceptation du franchissement des règles"

"A sa décharge, il n'a jamais prétendu non plus qu'en venant trois jours ce serait miraculeux et qu'il allait résoudre un problème qui dure depuis plus de 40 ans", lui a rétorqué l'avocate Marie-Anne Soubré. En visite dans les quartiers nord à la rencontre des habitants, le chef de l'Etat avait écouté leurs doléances avant d'assurer ne pas vouloir "faire de fausses promesses".

"Il faut se souvenir de maires de Marseille comme Gaston Deferre qui ont eu des accointances avec des milieux pas tout à fait honnête. C'est une ville qui a une culture d'acceptation du franchissement des règles. Ce n'est pas une ville comme toutes les villes. Derrière il y a eu des constructions incroyables avec des quartiers en plein cœur de la ville où toutes les difficultés sont rassemblées. On ne résoudra rien en trois jours, ça c'est une évidence", a ajouté Marie-Anne Soubré.

Pour tenter d'enrailler la spirale de violences, le président de la République a annoncé aux policiers de la ville plus de moyens financiers ainsi que des renforts pour lutter contre la violence liée au trafic de drogue. En visite dans une école d'un quartier difficile, Emmanuel Macron a promis un plan de rénovation des établissements scolaires.

Depuis le début de l'année, 17 personnes ont été tuées dans des règlements de compte à Marseille sur fond de tensions dans le milieu du trafic de drogue. Et les victimes sont parfois très jeunes. Début août, c'est un adolescent de 14 ans qui avait été abattu dans une fusillade.

>> A LIRE AUSSI - Macron à Marseille: "Il faudrait des annonces côté justice qui aillent beaucoup plus loin"

G.D.