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"On va vous donner les moyens de rendre certaines situations irréversibles": à Marseille, Macron démarre par des annonces pour la police

Dans la cité phocéenne, endeuillée par de nombreux règlements de comptes depuis le début de l'année et gangrénée par le trafic de drogue, Emmanuel Macron a démarré son déplacement par d'importantes annonces pour la police.

Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi pour un déplacement de trois jours à Marseille, la deuxième ville de France, après un été endeuillé par une douzaine de règlements de compte. Il s'est rendu dans une cité puis au commissariat de la division nord de Marseille, en plein milieu quartiers nord. Sur place, il a promis de ne rien lâcher dans la lutte contre les trafics de stupéfiants et a annoncé un plan de 150 millions d'euros pour la police avec 200 agents supplémentaires dès l'année prochaine:

"À peu près 100 policiers sont arrivés sur les 300 annoncés. Compte tenu de l'évolution de la situation et de l'efficacité que l'on observe, nous avons décidé d'accélérer ces arrivées: il y aura l'année prochaine, 200 arrivées supplémentaires", a promis le président de la République
"Il y a des endroits où des situations inacceptables pour les habitants existent dès que vous avez le dos tourné, dès que vous repartez. Mais l'idée que la police aurait peur et que la République ne rentre pas dans certaines cités, elle est fausse. On va vous donner les moyens d'agir, de pilonner et de rendre certaines situations irréversibles", a ajouté de le chef de l'Etat.

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"On aurait aimé avoir des annonces pour la justice et pour les places de prison"

Des annonces de nouveaux effectifs et de moyens qui ont convaincu dans les rangs des policiers: "Ce n'est pas aux policiers de dire que les annonces ne sont pas bonnes. Il annonce 150 millions d'euros, 200 fonctionnaires et 220 véhicules en plus, il y a des choses qui sont faites qui sont intéressantes", se félicite au micro de RMC Rudy Mana, secrétaire départemental du syndicat Alliance des Bouches-du-Rhône.

"Maintenant il y a le fond du problème", tempère-t-il. "On aurait aimé avoir des annonces pour la justice et pour les places de prison. On a envie de voir les lois évoluer, notamment pour les travailleurs sociaux que ce soit de vrais travailleurs sociaux qui rentrent dans les cités", plaide Rudy Mana. "On a envie d'entendre ça du président de la République. Et pour l'instant, ce n'est pas le cas", conclu le fonctionnaire.

Depuis le début de l'année, 15 personnes ont été tuées dans des règlements de compte à Marseille sur fond de tensions dans le milieu du trafic de drogue. Début août, c'est un adolescent de 14 ans qui a été abattu dans une fusillade qui a également vu un enfant de 8 ans être blessé.

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G.D.