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Devant l'école de Yanis (5 ans), mort après une punition pour un pipi au lit, les parents d'élèves sont "choqués"

Un enfant de cinq ans est mort dans la nuit de dimanche à lundi, à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais). Les circonstances "suspectes" de sa mort ont conduit les gendarmes à placer ses parents en garde à vue. Sur place, les habitants sont sous le choc.

Yanis, un petit garçon de cinq ans est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) vraisemblablement après que son beau-père a voulu le punir pour avoir fait pipi au lit. Selon l'autopsie, son décès a été causé par un traumatisme crânien, dû à plusieurs impacts. Ces lésions évoquent clairement des violences volontaires et ne peuvent pas s'expliquer par de simples chutes de l'enfant. Pourtant, cette nuit-là, le petit Yanis est bien tombé au moins deux fois, sur le chemin goudronné qui longe le canal et la cabane de son beau-père.

Cet homme de 30 ans, excédé par le pipi au lit de l'enfant, a voulu lui infliger ce qu'il appelle "une punition". En réalité, il lui a fait vivre une insoutenable humiliation en l'obligeant à courir sur plusieurs kilomètres à 2h00 du matin en plein hiver. Lorsque les secours sont arrivés, Yanis était inconscient, le visage tuméfié, et ne portait que sa culotte, encore mouillée. Ce lundi soir, l'enquête a été requalifiée en homicide volontaire sur mineur de moins de quinze ans. Dans leurs premières déclarations aux gendarmes, le beau-père et la mère, toujours en garde à vue, ne semblaient pas réaliser ce qu'ils avaient fait et n'avaient pas exprimé de regrets.

"Je suis en colère"

"On pensait qu'il n'y avait qu'un homme seul, dans le besoin, qui vivait dans ce cabanon. En effet, il n'y avait ni eau, ni électricité. Il y avait des chiens mais on ne pensait pas qu'il y avait un enfant", témoigne cette voisine, qui habite pourtant à 200 mètres. L'annonce du décès du petit Yanis a créé la stupeur dans l'entourage du couple. Jessica, qui a travaillé avec la mère et le beau-père de l'enfant, l'assure: "Je n'aurais jamais pensé ça d'elle et de lui non plus d'ailleurs. Je pense à mon petit garçon qui a le même âge… Je suis en colère."

Ce lundi, devant l'école maternelle où Yanis était scolarisé, les visages étaient fermés. "On est vraiment choqués parce que c'est un petit bout de l'âge de nos filles, pleure cette habitante. Ce n'est pas une punition. Ce n'est pas un moyen de gérer ses enfants… En pleine nuit en plus… C'est inadmissible! Ce n'est pas un comportement de parents".

M.R avec Claire Andrieux