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Didier Lallement, le préfet sous le feu des critiques

LE PORTRAIT DE POINCA - Didier Lallement, le préfet de Police de Paris est sur la sellette après les violences policières de la semaine dernière.

Il est contesté mais il est toujours là. Jeudi soir, Gérald Darmanin l’a confirmé à son poste. Didier Lallement reste donc préfet de police de Paris.

Patron de 40.000 fonctionnaires, dont 20.000 policiers, au sein des services le plus prestigieux de France, comme l’anti-gang. On parle souvent d’un État dans l'État et du préfet de police comme de l’Homme le mieux informé de France. 

Ce poste, il en a rêvé. Il a ouvertement fait campagne pour l’avoir, et l’a finalement obtenu en mars 2019, lorsque son prédécesseur Michel Delpuech a été limogé. On lui reprochait d’être trop mou face aux "gilets jaunes". 

"Il parait qu’on nous envoie un nazi"

"Trop mou", c’est un reproche que l’on n'a jamais fait à Didier Lallement. Jamais. Il est au contraire autoritaire et cassant. En apprenant sa nomination comme préfet d'Aquitaine, le maire de Bordeaux, Alain Juppé s’était exclamé: "Il parait qu’on nous envoie un nazi". Ce qui était sans doute exagéré. 

Didier Lallement a 64 ans. Il a fait toute sa carrière dans la Fonction publique. Sans avoir fait l'Ena, ce qui est rare pour un préfet de ce niveau. D’origine modeste, il a commencé comme militant politique dans les années 70, auprès de Jean-Pierre Chevènement, leader du Cérès, l’aile Gauche du parti socialiste. Il a ensuite suivi Chevènement lorsqu’il est devenu ministre de Mitterrand, et depuis 40 ans, il a enchaîné les postes, au service de ministres de droite et de gauche. Jean-Louis Borloo comme Manuels Valls.

Il a dirigé l’administration pénitentiaire et l’aviation civile, a été préfet dans l'Aisne, le Calvados, l'Aquitaine. Bref, une carrière sans faute d’un haut fonctionnaire ambitieux, qui a aussi longtemps été Franc-maçon, membre du Grand Orient de France.

De nombreuses provocations à son actif

A la préfecture de police, il a été nommé après 18 épisodes des "gilets jaunes" pour rétablir l’ordre. Ce qu’il a fait, mais qui a fait de la casse. Il a donné pour consignes aux forces de l’ordre “d’impacter” les manifestants. Et l'impact a eu lieu. Avec de très nombreux blessés dans les deux camps. 

Il est aussi l’auteur de quelques provocations qui ont été remarquées : à une femme gilet jaune qui l’interpellait, il avait répondu en lui tournant le dos, nous ne sommes pas dans le même camp, madame. 

Une autre fois, il avait expliqué que les malades du Covid en réanimation étaient ceux qui n’avaient pas respecté le confinement. Cette fois-là, il s’était excusé.

Nicolas Poincaré