RMC

"Elle a totalement explosé": une ado tend un violent guet-apens à une fille de 13 ans sur fond de jalousies amoureuses

Une jeune fille de 13 ans a été lynchée par une autre dans l'Hérault et son agression filmée sur Snapchat.

Une adolescente a été mise en examen mardi à Béziers quelques jours après un déchainement de violences à l'encontre d'une autre jeune fille à Bassan, dans l’Hérault.

Selon les premiers éléments, le 26 août dernier, en fin d'après-midi, trois filles et deux garçons âgés entre 12 et 13 ans, divisés en deux groupes, décidaient de se retrouver dans une rue pour s'expliquer à la suite de messages agressifs échangés sur le réseau Snapchat. Un règlement de comptes sur fond de jalousie entre deux jeunes filles en raison de leurs relations avec l'un des garçons.

Tout dérape: les deux rivales supposées s'affrontent physiquement, selon les enquêteurs. L'une d'elles prenant le dessus avec des coups de poing et coups de pied sur différentes parties du corps dont la tête, pendant qu'elles étaient filmées par les trois autres mineurs avec des téléphones, dont celui de la victime qu'elle venait de confier à l'un des garçons - et personne n'intervient.

Cette scène particulièrement violente est ensuite diffusée la vidéo sur les réseaux sociaux. Tous ces témoins seront convoqués prochainement par le juge des enfants.

"Elle est traumatisée"

Un règlement de compte sur fond de jalousie. C’est dans la commune de Bassan qu’Alicia, 13 ans, a été victime d’un véritable guet-apens. Une pluie de coups portés par une collégienne qui a le même âge. Christophe est le papa d’Alicia :

"S’acharner sur une enfant, à deux, et après les autres qui l’entourent qui filment et qui encouragent la bagarre, je ne comprends pas ce qu’il s’est passé.
Ma fille a grandi avec un jeune, il sortait avec une des deux filles. Elle a été jalouse parce que ma fille était sa meilleure amie, elle ne voulait plus qu’il traine avec, du coup ils l’ont entrainé à faire ça. Elle est traumatisée, ca ne s’arrête pas!"

"Bien sûr, elle regrette son geste"

L’enquête menée par les gendarmes de Servian a conduit à cette rapide mise en examen. Maître Charline Gimeno explique que sa jeune cliente a voulu se faire justice toute seule :

"Elle a subi des insultes et un harcèlement pendant des mois et c’est pour cela qu’elle est arrivée à cet acte là qui est allé bien trop loin. Elle a totalement explosé. Bien sûr, elle regrette son geste, bien sûr !"

La Justice va poursuivre également les trois mineurs complices, notamment ceux qui ont filmé et diffusé les images violentes sur les réseaux sociaux. 

Selon le parquet, "La loi prévoit que le simple fait de filmer des violences, en s'abstenant d'y mettre un terme sans danger pour soi-même ou les tiers, est un acte de complicité des violences elle-même, susceptible d'être puni par les mêmes peines (article 222–33–3 du code pénal). Ainsi, des violences commises par une seule personne mais filmées par une ou plusieurs autres sont juridiquement des violences commises en réunion faisant encourir la peine maximum de 3 ans d'emprisonnement si l'incapacité totale de travail est inférieure à huit jours et 5 ans d'emprisonnement en cas de blessures plus graves". 

Pour les mineurs de moins de 16 ans, la loi prévoit que les peines maximales encourues sont automatiquement divisées par deux.

Jean-Wilfrid Forquès (avec J.A.)