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Agent du fisc tué dans le Pas-de-Calais: "Il faut arrêter de dénigrer le fonctionnaire"

Après la mort d’un agent du fisc dans le Pas-de-Calais, tué lors d’un contrôle, le syndicat Solidaires Finances publiques dénonce certains commentaires sur les réseaux sociaux et réclame du respect pour les fonctionnaires.

Tué pour un contrôle fiscal. Un chef de brigade, qui accompagnait une inspectrice, a été retrouvé mort, victime de coups de couteau, au domicile d’un brocanteur ce lundi à Bullecourt (Pas-de-Calais). Ce brocanteur, qui aurait ligoté les deux fonctionnaires à des chaises, s’est suicidé. Après le drame, qu’il qualifie d’"inqualifiable, inimaginable et totalement inacceptable", le syndicat Solidaires Finances publiques dénonce des commentaires "haineux et abjects" sur les réseaux sociaux.

"On est en colère par rapport à ce qui tourne sur les réseaux sociaux, explique Anne Guyot-Welke, secrétaire générale de ce syndicat, dans ‘Apolline Matin’ ce mercredi sur RMC et RMC Story. Malheureusement, il y a des commentaires qui se réjouissent. Il y a une colère assez forte de notre collectif. On va être reçu par M. Attal, on va lui faire part de ces expressions. La parole politique est importante aussi. On va avoir une minute de silence dans tous nos services à midi. Elle doit être suivie d’actes forts. Il faut arrêter de dénigrer le fonctionnaire. Ça dure depuis des années. Il faut arrêter de cibler le service public et en particulier notre administration."

"Notre mission est utile"

"Quand on entend certains dire que c’est de la légitime défense, honnêtement, pour nos collègues, c’est insupportable, ajoute Anne Guyot-Welke. Attention à l’utilisation de la parole. Il y a une personne qui est décédée dans l’exercice de ses fonctions. Elle l’a fait correctement, elle a suivi la procédure. Le contrôle fiscal est une mission complexe. Il faut arrêter de dire que c’est inutile. Notre mission est utile. Nos collègues ont besoin d’avoir des moyens suffisants et d’être entendus."

Au quotidien, les agents des services publics sont au contact direct des Français, dans un contexte économique et social tendu. " Parfois, on prend pour celles et ceux qui décident des politiques publiques, souligne la secrétaire générale du syndicat Solidaires. On est en première ligne. Les services publics, qui ont été dépecés depuis un certain nombre d’années, manquent de moyens, d’effectifs, et ne peuvent pas répondre comme on le souhaiterait. On voudrait augmenter la qualité du service public parce que la population en a besoin. Depuis 20 ans, c’est une politique libérale qui fait le choix de mettre les services publics à mal. Quand tout va bien, on va dire que ça fonctionne. Quand ça se détériore, quand les moyens ne sont plus loin, ça coince."

LP