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Incendies: comment travaillent les enquêteurs pour définir l'origine des feux de forêts

Après chaque incendie, des cellules spécialisées, composées de gendarmes, pompiers ou encore agents de l'Office National des Forêts, mènent des enquêtes pour définir si l'origine du feu est accidentelle ou criminelle. Des enquêtes minutieuses qui demandent un travail de précision.

C’est la question que tout le monde se pose lors d’un incendie: l’origine est-elle criminelle? Face aux feux de forêt, les pompiers sont bien évidemment en première ligne. Mais il y a aussi tout le travail d’enquête pour tenter de déterminer l’origine accidentelle ou volontaire de l’incendie. Pour cela, des cellules spéciales d’enquêteurs regroupent gendarmes, pompiers et agents de l’ONF.

Pour localiser le départ du feu, ce qu’on appelle le point d’éclosion, les enquêteurs étudient d’abord la nature du terrain, le sens du vent, la zone limite où les végétaux n’ont pas brûlé.

"La première chose ça va être d’arriver sur les lieux le plus rapidement possible de façon à avoir un maximum d’éléments tels que des renseignements, des témoignages, des photos. L’équipe intervient alors que l’incendie est encore en cours. On considère le départ de feu comme une scène de crime. On a la méthode des évidences physiques qui consiste à observer le déplacement du feu dans le milieu ambiant. Et le feu en se déplaçant va marquer des objets, des arbres, ou de la végétation d’une certaine façon. On lit le feu à l’envers. On part de la partie la plus brûlée et on remonte vers la partie la moins brûlée. La particularité d’une zone de départ, c’est que c’est un feu de basse intensité et il prend après quand la température augmente. Mais sur la zone de départ, on a une zone qui est moitié calcinée, moitié verte et donc on retrouve effectivement des objets", expliquait ce vendredi matin sur RMC, Christophe Peigne, responsable d'une cellule de Recherche des causes et circonstances des incendies de forêt dans le Var.

Une fois le ou les points identifiés, il faut ratisser la zone comme sur une scène de crime.

Des chiens spécialisés utilisés

Il faut chercher le moindre indice comme un mégot, un briquet… Sentir d’éventuelles traces d’accélérant, une odeur d’essence, de caoutchouc, quitte à faire appel à des chiens spécialisés.

Les témoignages aussi sont précieux, notamment ceux des premiers pompiers sur place. Enfin, ils étudient également les bornages téléphoniques, les signalements d’un véhicule suspect, d’un fuyard…

Ils doivent aussi relever les empreintes, digitales, ADN, traces de pas… Autant d’indices qui nourrissent les enquêtes. Sachant que 9 fois sur 10, l’incendie est d’origine humaine.

Guillaume Biet avec Guillaume Descours