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"Je n'aime pas trop y penser": départs d'élèves et de profs, vigilance accrue, l'assassinat de Samuel Paty hante les esprits au collège de Conflans-Sainte-Honorine

Près d'un an après la mort du professeur d'histoire-géo, l'émotion est toujours présente au collège de Conflans-Sainte-Honorine

Depuis l'assassinat de leur professeur d'histoire géographie Samuel Paty il y a un an, Ethan et Keisha, en 5ème, témoignent de nombreux changements. Parmi eux, le départ de plusieurs professeurs et élèves qui ont préféré quitter l'établissement: "Il y a une professeure d'espagnol qui est partie du collège à cause de ça", raconte Ethan. "Il y a des élèves qui sont partis, justement pour ça. J'ai même demandé à ma mère de changer de collège, mais elle m'a dit de rester quelques ici", ajoute Keisha.

Pourtant depuis l'assassinat de Samuel Paty, Keisha est beaucoup plus vigilante et sa mère la surveille davantage: "On essaie de ne pas prendre trop de temps, il ne faut pas rester trop longtemps devant le collège, sinon ça va la tracasser, elle m'appelle toutes les minutes pour ça", raconte-t-elle.

La peur toujours présente

Quant à l'hommage à Samuel Paty rendu ce vendredi au collège, Keisha l'appréhende beaucoup: "Je n'aime pas trop y penser parce que je n'aime pas penser à la mort, des trucs comme ça, je n'aime pas".

Sur le trottoir d'en face, Manon et Lucie n'ont rien oublié : l'attentat a changé leur vie et celle de leur camarade: "Il n'y a plus la même émotion, mais ça fait un peu peur que cela puisse arriver à n'importe quel moment à n'importe qui" s'inquiète Lucie. "Ça restera toujours dans le collège, dans la mémoire des élèves", explique Manon. Hors micro, un de leur ami rajoute : la mort de M. Paty, même un an après, c'est comme si c'était hier...

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Maxime Lévy (avec Guillaume Dussourt)