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"La violence me rattrape, je me revois au milieu d'une mare de sang": survivant du Bataclan, Olivier revit chaque année le traumatisme des attentats du 13-novembre

DOCUMENT RMC - Malgré les angoisses qui reviennent avant chaque 13 novembre, Olivier, rescapé du Bataclan n'ira pas témoigner au procès des attentats de Paris.

Le 13 novembre 2015, Olivier Laplaud se trouvait au Bataclan quand les terroristes sont entrés dans la salle de concert et on ouvert le feu sur la foule. Malgré tout, il a décidé de ne pas témoigner au procès hors-normes des attentats de Paris qui s'ouvre mercredi: "Ça va être une étape de ma reconstruction. Ce que j’en attends ça va être surtout une forme d’exemplarité qu’on n’a pas toujours vu dans des procès pour terrorisme", assure le vice-président de l'association de victime des attentats "Life for Paris", au micro de RMC.

"J'ai décidé de ne pas témoigner parce qu’il y a 1800 parties civiles dans le procès et que je préfère laisser la place à des personnes qui auraient ce besoin de témoigner parce qu’elles ont des éléments à apporter parce que c’est plus important que ces personnes-là aient l’occasion de s’exprimer en ce moment", explique-t-il.

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Chaque année "une longue montée d’angoisse jusqu’au 13 novembre"

Six ans après les attaques, ses angoisses ne l'ont toujours pas quitté et chaque année, à l'approche du 13 novembre, ses journées et ses nuits sont de plus en plus dures: "Quand je rentre de vacances, fin août début septembre, c’est une longue montée d’angoisse jusqu’au 13 novembre. J’ai des sueurs froides, il y a des moments où je me sens complètement abattu. On a du mal à s’endormir, on garde les yeux ouverts toute la nuit. Parfois on est obligé de reprendre des anxiolytiques ou des somnifères pour ne pas trop ressembler à un zombie", raconte Olivier.

Le soir des attaques, il trouve refuge dans une loge. La police fini par le libérer, lui et sa femme. Avec les autres rescapés, ils se faufilent alors dans les couloirs silencieux du Bataclan. Une évacuation qui l'a marqué à vie: "La violence me rattrape dès que je me retrouve au milieu de cette scène de la fosse : je suis au milieu d’une mare de sang sur laquelle je glisse, de corps sur lesquels je bute et là, c’est vraiment l’horreur, c’est encore quelque chose qui me hante aujourd’hui".

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Maxime Levy (avec Guillaume Dussourt)