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Qui sont les accusés du procès des attentats du 13-Novembre?

"EXPLIQUEZ-NOUS" - Plusieurs devraient êtres présents dans le box, mercredi, sauf si au dernier moment ils refusent de comparaître.

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre mercredi à Paris. Vingt accusés sont jugés, mais 14 seulement seront présents.

Le plus connu, c’est bien sur Salah Abdeslam. Il est le seul survivant des commandos de Saint-Denis, du Bataclan et des terrasses. Son frère s’est fait exploser dans un café du boulevard Voltaire, mais lui s’est débarrassé de sa ceinture d'explosifs. Un des enjeux du procès, c’est de savoir pourquoi. Est-ce qu’il a renoncé à être kamikaze comme il l’affirme, ou bien est ce que sa ceinture n’a pas fonctionné, comme le laisse penser les expertises. Salah Abdeslam s’est muré dans un silence total. Pas sûr qu’il s’explique pendant les 9 mois du procès. Il est poursuivi comme co-auteur de l'ensemble des attentats et risque bien sur la perpétuité.

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À ses côtés dans le box, un de ses meilleurs amis. Mohamed Abrini. Il a grandi avec Salah Abdeslam à Molenbeek dans la banlieue de Bruxelles. Comme Abdelslam, il est belge d’origine marocaine. Comme Abdeslam, il a conduit les terroristes de Bruxelles à Paris. Mais lui est rentré dans la nuit du 13 au 14. Il est possible qu’il était prévu pour être un kamikaze, mais qu’il se soit dégonflé.

En tout cas quatre mois après, alors que la police belge était à ses trousses, il a participé aux attentats de Bruxelles. Il s’est rendu à l'aéroport avec une ceinture, mais a changé d’avis au dernier moment. Il a déposé ses explosifs sur un chariot et il a pris la fuite. Il a été arrêté plus tard. On l’avait à l'époque surnommé l’homme au chapeau.

Avec Abdeslam et Abrini, on aura donc au procès deux kamikazes, qui ont porté des ceintures, qui étaient programmés pour mourir et qui ne se sont pas fait sauter.

Et il y en a même un troisième. Un Suédois d’origine syrienne, Ousama Krayem. Le soir du 13 novembre, il était à l'aéroport d'Amsterdam ou, si l’on en croit l’accusation, un autre attentat était prevu mais n’a pas eu lieu. En mars suivant, il est cette fois à l’aéroport de Bruxelles, mais comme Abrini, il renonce à se faire exploser. Ça fait donc trois kamikazes ratés qui comparaissent mercredi.

Il y a aussi deux hommes qui auraient dû faire partie des commandos. Oui, un Algérien et un Pakistanais. Ils ont quitté la Syrie dans un groupe de quatre avec les deux Irakiens qui se sont fait sauter au stade de France. Ils se sont tous les quatre mêlés aux flux de réfugiés qui gagnaient l'Europe à l’époque. Sauf que les deux Irakiens sont passés alors que ces deux hommes ont été arrêtés et retenus par les Grecs pendant un mois. C’est comme ça qu’ils ont raté le 13 novembre.

Après leur arrestation, ils ont beaucoup parlé. C’est en partie grâce à eux que l’on connaît les noms des commanditaires et des organisateurs de ces attentats.

Et justement ces organisateurs, membres de Daesh, seront aussi jugés

C’est le deuxième groupe d'accusés. Les groupes des absents. Ils sont six dont cinq qui ne sont pas là, pour une raison simple: c’est qu’ils sont très certainement morts. Tous tués en Syrie par des frappes américaines.

Parmi ces cinq il y a deux Français. Les frères Clain qui étaient les voix françaises de la propagande de Daesh et qui ont revendiqué les attentats. Mais surtout celui dont on parlera beaucoup, c’est un encore un Belge d’origine marocaine, Oussama Atar, 31 ans en 2013. Il était à Raqua en Syrie. C’est lui qui a donné 2000 euros aux terroristes qui partaient de Syrie pour leur faux frais, lui qui les pilotait par téléphone. Il est le véritable maître d'œuvre des attentats.

Le plus incroyable, c’est qu’il avait été arrêté par les Américains en Irak. Il était détenu là-bas, mais il a bénéficié d’une campagne en sa faveur en Belgique parce qu’il souffrait soit disant d’un cancer du rein. Pour raison humanitaire, le gouvernement belge a demandé et obtenu sa libération en 2012. À peine rentré en Belgique, il est reparti en Syrie pour devenir un haut cadre de l’Etat Islamique.

Il a aussi été un des geôliers des otages occidentaux détenus en 2013-2014. Dont quatre journalistes français. Par la suite, il a très certainement été tué par un bombardement ciblé américain, avec l’aide des services français. Mais on ne peut pas être sûr de sa mort à 100%. Et c’est cette incertitude qui permet de le juger à partir de cette semaine.

Nicolas Poincaré