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"On a vite compris que c'était du gros calibre": un policier de la BRI, présent au Bataclan, témoigne sur RMC

TÉMOIGNAGE RMC - Marc, opérateur à la BRI, la Brigade de Recherche et d'Intervention de la police nationale est intervenu le soir du 13 novembre au Bataclan pour évacuer les premiers blessés.

Le procès historique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis doit s'ouvrir ce mercredi. 1800 parties civiles et plus de 300 avocats sont attendus. Les terroristes présumés et leurs complices présumés comparaîtront durant huit mois devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Marc, dont le prénom a été changé, opérateur à la BRI, la Brigade de Recherche et d'Intervention de la police nationale, est intervenu le soir du 13 novembre au Bataclan. Alors que les colonnes montent à l’assaut des terroristes, Marc et d’autres hommes de la BRI procèdent aux premières évacuations des blessés. 

"Certains appelaient leurs amis ou leur famille. Je leur disais que c'était fini. Une jeune fille avait une blessure au visage comme si elle avait été frappée par une grosse lame. On a vite compris que c'était du gros calibre qui était utilisé et on a eu une pensée pour les collègues au contact des terroristes", raconte-t-il à RMC. "Il s'agit là de sauver des vies quittes à perdre la nôtre".

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"Il y a des réponses qu'on n'aura jamais"

Une fois les tireurs neutralisés, Marc libère un enfant de 7 ans, otage des terroristes:

"Je le porte, et je lui mets un casque de pompier sur la tête pour qu'il évite de regarder les scènes horribles, tout en lui parlant. J'avais qu'une seule hantise c'était qu'il regarde le sol. Je lui disais de ne jamais quitter mon regard puis j'ai retrouvé sa mère qui n'était pas loin. Dans toute cette obscurité, c'est une petite lumière, un éclaircissement. On n'a pas pu en sauver d'autres mais on en a sauvé quand même".
Le policier d’élite attend du procès des réponses et un soulagement pour les victimes: "Je serai satisfait lorsque les familles des victimes le seront. Elles attendent des explications: pourquoi? Les auteurs qui sont vivants devront s'expliquer mais il y a des réponses qu'on n'aura jamais".

Les attaques au Bataclan sur les terrasses et au stade de France avaient fait 131 morts. Jamais des attentats perpétrés en France n'avaient été aussi meurtriers.

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Jean-Baptiste Bourgeon et Nella Prod'homme (avec Guillaume Dussourt)