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Les peines alternatives à la prison sont-elles vraiment efficaces?

Emmanuel Macron présente ce mardi à Agen ses mesures pour une "refondation" du système des peines. Le chef de l'Etat veut privilégier les peines alternatives à la prison. RMC a rencontré Axel, qui a bénéficié d'une peine alternative et qui assure que cela lui a permis de ne pas sombrer.

Moins de peines de prison, plus de bracelets électroniques ou de travaux d'intérêt général... Emmanuel Macron doit annoncer ce mardi à Agen une "refondation" du système des peines. Le président de la république va présenter son "plan global sur le sens et l'efficacité des peines" devant les élèves de l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire.

L'efficacité des peines, c'est justement un des chantiers prioritaires du président dans un contexte de surpopulation carcérale. Lors du débat de l'entre-deux-tours, il avait promis "avec moi, toute peine prononcée sera exécutée". Mais comment faire quand les prisons sont surchargées? Le président compte sur une solution: les peines dites alternatives, c'est-à-dire en milieux ouverts - les bracelets, les TIG, les mises à l'épreuve - devraient être davantage développées.

"Ça reste une peine"

RMC a rencontré Axel (le prénom a été modifié, NDR), qui bénéficie d'une peine alternative. Une fois par mois, le jeune homme de 22 ans retrouve sa conseillère pénitentiaire. Aujourd'hui, ces rendez-vous sont sa seule contrainte. Condamné pour trafic de stupéfiants, il a écopé de 18 mois de sursis avec 2 ans de mise à l'épreuve. Il a donc échappé à la prison. Une chance, comme il le reconnaît. "Je vois mon enfant, ma femme, alors que ceux qui sont en prison ne voient personne, à part au parloir. Ça m'aide vachement, parce que je me dis que j'ai une deuxième chance. Ça m'a mis dans le droit chemin". "J'avais un contrôle judiciaire, je devais aller pointer au commissariat, prouver que je travaille… ça reste une peine", tient-il à préciser.

Pour Yannick Le Meur, directeur départemental des services pénitentiaires de Seine-et-Marne, la prison ferme doit être une solution par défaut. "L'intérêt de condamner quelqu'un à autre chose que de la prison, c'est de pouvoir parler avec lui de son avenir. On sait que c'est beaucoup plus efficace, puique le taux de récidive n'est que de 5 à 10 %, ce qui est très peu. On parle de 63% de récidive quand la personne sort de prison."

"Pour une peine plus flexible"

Plus efficace et demain peut-être plus flexible, espère Yannick Le Meur. "Je pense que la peine de probation est encore trop figée aujourd'hui. C'est soit un travail d'intérêt général, soit un sursis avec mise à l'épreuve, soit le port d'un bracelet électronique. On pourrait imaginer un régime progressif de la peine de probation, car plus elle sera flexible et plus elle sera individualisée. La justice et la peine trouve son sens dans l'individualisation". Les peines en milieu ouvert sont également plus économiques pour l'Etat: 1.000 euros par an en moyenne contre 32.000 euros pour une personne en prison.

P. G. avec Mahauld Becker-Granier