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Meurtre de Lola: Jérôme Marty dénonce l'exploitation "sans honneur" du drame par l'extrême droite

L'extrême droite s'est déjà emparée du meurtre vendredi à Paris de Lola, 12 ans, s'étonnant de la présence en France de la suspecte, de nationalité algérienne et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Mais pour les "Grandes Gueules", cette récupération est indigne.

La principale suspecte du meurtre de Lola (12 ans), tuée vendredi à Paris, faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). De nationalité algérienne, elle était arrivée en France en 2016. "La suspecte n’est pas connue des services de police. Elle était arrivée régulièrement en tant qu’étudiante sur le territoire national. Elle avait une OQTF depuis un mois seulement", a précisé Gérald Darmanin ce mardi sur RTL.

Le ministre de l'Intérieur a également dénoncé l'indécence de l'extrême droite, qui n'a pas attendu longtemps pour instrumentaliser le fait divers. "Pendant un seul instant, les responsables politiques, ou en tout cas ceux qui se disent comme tels, doivent réfléchir aux conséquences de leurs mots, ne serait-ce que pour les familles qui voient la photo de leur fille circuler partout", a-t-il assuré alors que plusieurs personnalités de l'extrême-droite comme Jordan Bardella ou Eric Zemmour ont estimé sur les réseaux sociaux que la suspecte n'aurait pas dû se trouver en France et que rien n'avait été fait.

"Les parents n’ont même pas pu encore voir le corps de leur fille"

Une récupération politique qui a scandalisé le plateau des "Grandes Gueules" ce mardi. "On est dans l’horreur. Mais moi, j’ai connu un pays qui avant, dans les premiers jours d'un drame, respectait la période de deuil, la famille et attendait les obsèques avant de s’en saisir et l’instrumentaliser", s'est ému le docteur Jérôme Marty sur RMC et RMC Story.

"Là, on a toute l’extrême droite qui s’est saisie du drame. Ils ont placardé sur internet la photo de la victime sans demander l’autorisation à la famille. Les parents n’ont même pas pu encore voir le corps de leur fille, puisqu’il y a une autopsie et une enquête. On a une exploitation basse, vile, politique, sans honneur, sans attendre même les obsèques", a déploré le praticien.

"Vous n’avez pas le droit de tenir des propos racistes"

"Il est normal que l’on pose des questions, que l’on enquête, que l’on en parle, mais les premiers jours, on respecte le deuil, on ne s’en saisit pas ! Après, viendra la période de la récupération. Mais avant, dans les premières heures, on ne le fait pas", a renchéri Zohra Bitan.

"Vous avez le droit d’être touchés, horrifiés, scandalisés, mais vous n’avez pas le droit de tenir des propos racistes, tout ça parce que le ou les auteurs seraient Algériens. En quoi les autres Algériens et Franco-Algériens, qui sont eux aussi horrifiés par ce crime, bénéficieraient d’une salve de racisme qui ne décélère pas depuis trois jours?", a-t-elle ajouté.

Selon les informations de RMC, le meurtre de Lola pourrait être lié à une histoire de "vengeance". La suspecte aurait eu une altercation avec la mère de l'adolescente, gardienne de la résidence où vivait la collégienne ainsi que la sœur de la mise en cause. La mère de Lola aurait refusé à la suspecte de lui fournir un badge lui donnant accès à la résidence. C'est donc en "représailles", en quelque sorte, que cette femme s’en serait prise à la collégienne, même si les policiers de la brigade criminelle prennent ses déclarations avec prudence, parce qu’elles ont plusieurs fois varié au fil des auditions.

G.D.