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Meurtre de Lola: pourquoi la piste d’une "vengeance" de la suspecte est privilégiée

La principale suspecte dans le meurtre de la petite Lola (12 ans), vendredi dernier à Paris, a été mise en examen et incarcérée pour meurtre, viol sur mineur et actes de torture et de barbarie. Selon les informations de RMC, la piste d’une possible "vengeance" de la part de cette Algérienne de 24 ans est étudiée par les enquêteurs.

Le profil de la suspecte

Tout s’est déroulé vendredi après-midi, au moment où Lola (12 ans) rentrait du collège, dans le nord-est de Paris. A l’entrée de sa résidence, on la voit accompagnée d’une jeune femme qui va l’obliger à la suivre. Elle va l’emmener dans un appartement et c’est là qu’elle va commettre une série de crimes sur la jeune fille. Comme l’a indiqué la procureure de Paris, il s’agit de faits de nature sexuelle, d’actes de torture et barbarie et de meurtre sur mineur.

Tous ces crimes auraient été commis par une femme seule, une marginale de 24 ans. Cette suspecte est également accusée d’avoir cherché de l’aide pour déplacer ou se débarrasser du corps qu’elle avait dissimulé dans une caisse… Une caisse qui a fait tout un périple vendredi soir avant d’être finalement retrouvée dans l’immeuble de la victime. Dès le lendemain, la meurtrière présumée a été arrêtée par les policiers de la brigade criminelle.

Depuis, cette femme a été mise en examen et incarcérée (*). C’est une jeune Algérienne, arrivée légalement en France il y a six ans, qui n’a jamais eu de problème avec la police. La seule fois où elle est allée au commissariat, c’était en 2018 pour dénoncer des violences conjugales.

Elle ne travaille pas et est décrite comme marginale, vivant à droite, à gauche, ou régulièrement chez sa grande sœur, qui a deux ans de plus qu’elle et qui habite dans la résidence où les faits ont eu lieu. C’est précisément dans l’appartement où vit la grande sœur que le crime a été commis, en son absence.

On sait aussi que la suspecte était désormais en situation irrégulière. Une ordonnance de quitter le territoire lui avait même été délivrée l’été dernier. Elle avait 30 jours pour quitter la France, ce qu’elle n’a pas fait.

Le mobile étudié par les enquêteurs

Il y a des rumeurs qui ont couru tout le week-end, dans le quartier de la victime. On a notamment entendu parler de trafic d’organes. A ce stade, c’est une hypothèse qui n’est absolument pas retenue ni par les enquêteurs, ni par la justice.

En revanche, le mobile qui apparaît pour l’heure, c’est celui d’une possible vengeance. Il y a quelques jours, cette marginale avait eu une altercation à l’entrée de la résidence avec la gardienne, la mère de Lola, qui aurait refusé de lui donner un badge d’accès. C’est donc en "représailles", en quelque sorte, que cette femme s’en serait pris à la collégienne. Même si les policiers de la brigade criminelle prennent ses déclarations avec prudence, parce qu’elles ont plusieurs fois varié au fil des auditions.

La question de la santé mentale de la suspecte

La principale, c’est celle de la santé mentale de cette femme. Parce que si le mobile est bien celui qu’elle a évoqué (cette histoire de badge d’accès), les policiers relèvent qu’il y a une disproportion entre l’extrême violence des faits et le motif aussi futile qui est évoqué… Pendant l’instruction, plusieurs experts psychiatres vont devoir examiner cette jeune femme et se prononcer pour savoir si elle pourra, ou non, répondre un jour de ses actes devant la justice.

(*) Un homme de 43 ans est également mis en examen pour "recel de cadavre", laissé libre sous contrôle judiciaire.

Guillaume Biet