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Mort de Samuel Paty: "En France, tu peux tranquillement, pendant des jours, lancer des fatwas sur n’importe qui, c'est open bar"

Dans les Grandes Gueules, Zohra Bitan s'en est pris au laxisme du gouvernement après le meurtre de Samuel Paty. Selon elle, il est trop facile de "lancer des fatwas" sur internet sans être inquiété.

Après le meurtre de Samuel Paty, professeur décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet en cours de liberté d'expression, Abdelhakim Sefrioui a été placé en garde à vue comme 10 autres personnes.

Cet imam controversé poste régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux. Dans l'une d'entre elle, le 8 octobre dernier, quelques jours après le fameux cours de liberté d'expression, Abdelhakim Sefrioui qualifiait le professeur de "voyou". 

"On est vraiment le pays des imbéciles et des cons"

L’enquête permettra de déterminer le lien et le degré d’implication entre ces différentes vidéos et la mort de cet enseignant, Samuel Paty. Dans les Grandes Gueules, Zohra Bitan, regrette fortement que cette vidéo comme tant d'autres puissent faire le tour du web. La GG s’en prend ainsi au laxisme des autorités qui laissent, selon elle, des gens pouvoir dire impunément des propos condamnables par la loi.

"On est vraiment le pays des imbéciles et des cons. Je n’ai pas de mots, répète-t-elle à plusieurs reprises. Comment peut-on laisser sur les réseaux sociaux pendant des jours et des jours ce genre de vidéo à la vue de tous. C’est partagé, c’est signalé, c’est dénoncé et il ne se passe jamais rien ? Les droits de l’Homme vont finir par nous tuer, nous achever. Dans ce pays, nous n’avons aucune protection de notre État, de notre République".

"Aujourd’hui c’est simple, c’est open bar. On fait ce qu’on veut"

Pour la cadre de la fonction publique, il faut durcir la législation.

"Il y a des pays, tu dis ça 2 minutes, c’est simple: t’es coffré. Alors qu’en France, tu peux tranquillement pendant des jours lancer des fatwas sur n’importe qui pour n’importe quoi, que ce soit sur le registre sur des violences sexuelles, sur le doxing des enfants, les mineurs, l’islamisme ou n’importe quoi. Aujourd’hui c’est simple, c’est open bar. On fait ce qu’on veut. C’est hallucinant".

Elle pointe du doigt le rôle important des réseaux sociaux qui ont permis aussi la diffusion de tels propos. "Aujourd’hui, les réseaux sociaux se lavent les mains de tout ce qui se passe. C’est quand même incroyablement grave". 

Maxime Trouleau