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Photos de policiers placardées dans un hall à Epinay-sur-Seine: une action en représailles à une bavure?

Des jeunes d'Epinay-sur-Seine assurent que l'affichage de photos personnelles de policiers dans un hall d'immeuble est un acte de représailles à des violences commises par des fonctionnaires.

Des photos de policiers placardées dans des halls d'immeubles à Épinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, c’est ce qu'a découvert une patrouille de police dans la nuit de mercredi à jeudi. Se mêlait pêle-mêle une photo d’identité, une photo de mariage ainsi que des clichés aussi des policiers en compagnie de leurs épouses.

Un affichage en représailles à des violences qui auraient été commises par deux fonctionnaires assume Issa un jeune de la cité: "Il y a deux policiers qui profitent, comme il n’y a plus les caméras, pour frapper les gens gratuitement. Ils tirent au flashball à hauteur d’homme. La dernière fois ils ont bousculé une mère de famille. Eux ils connaissent nos adresses, nous on connaît aussi leur vie, c’est tout", assure-t-il à RMC. "Les policiers sont montés chez une mère de famille, ils se sont amusés à frapper ses enfants et à l’étrangler. Eux ils ont en photo nos cartes d’identité, ils nous mettent des amendes comme ça", renchérit un autre.

"Pour la plupart ce sont des dealers"

Mais pour Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Police Synergie Officiers, ce n’est pas de la vengeance mais de l’intimidation: "Quand vous écoutez ces gens, on a l’impression que ce sont les mascottes des tortionnaires et que les tortionnaires sont les policiers. Pour la plupart ce sont des dealers, ils ne veulent surtout pas que les policiers rentrent chez eux et les contrôlent", assure-t-il ce vendredi sur RMC, assurant que s’il y a une plainte sur les violences évoquées, il y aura forcément une enquête.

"Ces quartiers-là qui sont en voie de sécession, les policiers sont vus comme une bande rivale. Tout ce qu'on respecte, c'est le 'caïdat' et les extrémistes religieux", assure-t-il.

Affrontements deux jours avant

Les images privées affichées auraient été récupérées sur les réseaux sociaux. Et les faits inquiètent dans les rangs des forces de l'ordre assure Gregory Goupil, secrétaire national Île-de-France du syndicat de police Alliance: "On est sur des photos totalement personnelles récupérées par les biais des réseaux sociaux. Une fois qu’on est identifié, on devient des cibles, notre famille devient une cible et ça pose un souci. C’est inquiétant, alarmant et c’est révoltant pour la profession et l’intégrité psychologique de nos collègues".

Une enquête pour "actes d’intimidation" a été ouverte par le parquet de Bobigny. Les policiers concernés vont porter plainte. La ville d'Epinay-sur-Seine avait été le théâtre d'affrontements entre jeunes et policiers deux jours avant la découverte des photos dans le hall d'immeuble.

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Jean-Baptiste Bourgeon et Matthias Tesson (avec Guillaume Dussourt)