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Procès Georges Tron: sa mairie était "une secte avec un gourou" selon une ancienne collaboratrice

L'ancien secrétaire d'Etat est accusé de viols et agressions sexuelles par des anciennes employées de sa mairie de Draveil. Jeudi, une ancienne collaboratrice est venue dénoncer devant la cour le "système Tron".

Quatrième jour d'audience dans le procès de Georges Tron. L'ancien secrétaire d'État et maire en exercice de Draveil dans l'Essonne est jugé depuis mardi au tribunal de Bobigny au côté de son ex-adjointe Brigitte Gruel.

Ils se disent innocents des viols et agressions sexuelles en réunion dénoncés par deux anciennes employées municipales. Jeudi, c'est Lucile Mignon, 48 ans, l'une des anciennes collaboratrices du Maire de Draveil qui a été entendue par visioconférence, pendant plus de quatre heures.

Elle affirme avoir subi trois agressions de la part de l'élu, dont deux en présence de Brigitte Gruel. Des faits dont elle n'avait jamais parlé jusqu'alors, elle n'avait évoqué qu'un épisode, fin 2006. 

"Il m'a demandé de fermer les yeux. J'ai senti des mains sur mon corps et sur mon pubis"

Elle a dénoncé ce qu'elle appelle "le système Tron". Cheveux blonds, chemise à carreaux. Cette ancienne collaboratrice de Georges Tron se présente à la cour comme "la victime non-reconnue de cette affaire".

Georges Tron hoche la tête en désapprobation. Elle raconte une scène dans le bureau du maire de Draveil fin 2006 avec Georges Tron et Brigitte Gruel: "Il m'a demandé de fermer les yeux. J'ai senti des mains sur mon corps et sur mon pubis. J'étais dans un état de sidération".

"Une secte avec un gourou"

Elle évoque deux autres agressions. "Vous n'aviez pas dénoncé ces agressions sexuelles jusqu'à aujourd'hui?", s'étonne le président. Lucile Mignon évoque un "blocage" lié au choc psycho-traumatique. Elle compare la mairie de Draveil a "une secte avec un gourou".

Au départ, d'ailleurs, Lucile Mignon soutient à fond Georges Tron quitte, admet-elle, à menacer l'une des deux plaignantes pour étouffer le scandale. Fin 2011, pourtant lors d’une garde à vue dans le dossier, elle se retourne contre son patron.

Depuis Lucile Mignon, qui est toujours employé à la mairie de Draveil mais sans salaire depuis l’an dernier, a déposé plusieurs plaintes pour harcèlement contre Georges Tron. La plupart classée sans suites. 

Marion Dubreuil