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Qui était Samuel Paty, prof "à fond dans son métier" décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet?

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Père de famille de 47 ans, Samuel Paty était "à fond dans son métier" et organisait régulièrement lors de ses cours des débats.

Parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, Samuel Paty a essuyé la colère de certains de leurs parents. Enseignant d'un collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), "à fond dans son métier" selon ceux qui l'ont côtoyé, il a été décapité vendredi dans un attentat. Samuel Paty, cheveux bruns coupés courts, était "petit", portait des lunettes, "avait toujours une chemise", raconte à l'AFP Nathan, 16 ans, un ancien élève du collège du Bois d'Aulne.

Le père de famille, quadragénaire, était connu pour son investissement auprès de ses élèves. "Il était à fond dans son métier", qu'il "aimait beaucoup", confie Martial un autre ancien élève. "Il voulait vraiment nous apprendre des choses. De temps en temps, on faisait des débats, on parlait".

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enseignant avait montré à ses élèves de 4e, la semaine dernière, une caricature de Mahomet. Un signalement était parvenu à Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d'élèves, à cause des tensions suscitées par son initiative auprès de certains parents d'élèves.

Une plainte déposée

Selon une source proche du dossier, un parent d'élève indigné avait porté plainte contre Samuel Paty, qui avait en retour déposé une plainte en diffamation contre lui. La victime aurait, selon Rodrigo Arenas, "invité les élèves musulmans à sortir de la classe" avant de montrer un dessin du prophète accroupi avec une étoile dessiné sur ses fesses et l'inscription "une étoile est née".

"Mon fils m’a dit qu’il leur avait proposé de sortir par gentillesse pour les préserver", témoigne au micro de RMC Nordine, dont l’enfant a assisté au cours sur la liberté d’expression.

"C'était toutes les années qu'il faisait cela", souligne Virginie, 15 ans, qui a connu l'enseignant. "C'était au programme pour l'EMC (enseignement moral et civique, ndlr), c'était pour parler de la liberté par rapport à l'attentat de Charlie Hebdo, il montrait ces images, les caricatures", affirme la jeune fille, précisant que cette année, "ça a pris plus d'ampleur".

"C’est la laïcité qui a été visée"

Mais ce que n'avait certainement pas prévu le prof cette fois-ci, ce fut le message lancé sur les réseaux sociaux par le père d'élève. Dans une vidéo, il qualifie l'enseignant de "voyou" qui "ne doit plus rester dans l'Education nationale" et invite d'autres parents d'élèves à se mobiliser.

Depuis cette "histoire", Samuel Paty "n'était pas dans son assiette", avait observé Myriam, une collégienne de 13 ans. "J'entendais des élèves parler 'ah il est raciste'", dit-elle. D'autres qualificatifs circulaient sur son compte comme "islamophobe", glisse-t-elle à demi-mot.

"Notre collègue a été assassiné parce qu’il accomplissait la première mission de l’enseignement public, qui est de construire la liberté de conscience des élèves avec comme corolaire la liberté d’expression. C’est la laïcité qui a été visée", déplore sur RMC Rémi-Charles Servant, professeur des écoles et secrétaire national SE-UNSA en charge de la laïcité.
G.D. avec AFP