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Un député de droite: "il n'y a pas de plan B, il faut soutenir François Fillon, point!"

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François Fillon rencontre ce mercredi matin les parlementaires de la droite à son QG de campagne parisien. Le candidat à la présidentielle va devoir rassurer ses troupes, ébranlées par les nouvelles révélations du Canard Enchaîné sur la rémunération de son épouse Penelope et de ses deux fils. A tel point que certains s'interrogent sur la nécessité d'un plan B pour la présidentielle.

Il y a comme un vent de panique chez les parlementaires de droite depuis les nouvelles révélations du Canard Enchaîné sur l'affaire Penelope Fillon. Si l'entourage de François Fillon dénonce un "lynchage médiatique" et que l'intéressé parle d'une "opération de calomnie très professionnelle", à droite, on s'inquiète pour la présidentielle. Le candidat désigné par la primaire de la droite se relèvera-t-il de cette affaire qui mine sa campagne?

François Fillon va devoir se montrer persuasif pour rassurer les parlementaires de son camp lors de la réunion prévue ce mercredi dans son QG de campagne parisien. Car si l'entourage de l'ancien Premier ministre assure qu'il est "serein et déterminé", certains, à droite, estiment sous couvert de l'anonymat que "ça commence à faire beaucoup". "Ça ne s'arrange pas et on n'est pas à l'abri d'autres révélations", dit un autre à notre journaliste. Philippe Gosselin, député (LR) de la Manche reconnaît sur RMC un profond malaise au sein des troupes de droite. "Tout ça, bien évidemment perturbe le plan de vol. Personne ne le conteste, il y a de l'embarras, il y a une gêne et des doutes".

"Tout ça perturbe le plan de vol"

A tel point que certains, chez les Républicains, se posent la question: faut-il un plan B pour la présidentielle? Les noms d'Alain Juppé – même si celui-ci a rejeté l'idée -, François Baroin ou encore Gérard Larcher circulent. D'autres évoquent Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand. Certains se tiendraient même déjà prêts à prendre le relais, nous confie-t-on. Mais officiellement, au parti comme ailleurs, pas question de penser à un plan B. "Personne n’aurait la légitimité pour prendre la suite", admet un Juppéiste. "Celui qui succèderait à François Fillon trouverait un parti en lambeau" et ce serait "la défaite assurée". "La question du plan B, il faudra peut-être à un moment se la poser, mais à ce stade il faut prendre un peu de recul et raison garder", tempère Philippe Gosselin. Le député UDI Charles de Courson se veut, lui, catégorique: "il n'y a pas de plan B, il faut soutenir François Fillon, point".

"On attend des explications franches"

Les parlementaires attendent beaucoup de la réunion de ce matin au QG du candidat, au cours de laquelle François Fillon devrait rappeler sa sérénité et sa détermination, selon son entourage. Le député LR Jacques Myard espère une mise à plat: "je l'espère et je suis sûr qu'il va la faire. J'espère qu'on aura des explications franches et cordiales comme on en a toujours eues avec lui. Je suis intimement convaincu qu'il peut faire face et qu'on va surmonter cet obstacle". Un sentiment que ne partagent visiblement pas tous ses partenaires de l'Assemblée.

Philippe Gril avec Jean-Baptiste Durand