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Carburant, nucléaire, 49-3... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Gabriel Attal

Le ministre chargé des Comptes publics, Gabriel Attal, était l'invité de RMC et BFMTV ce vendredi matin et a évoqué les nombreux sujets brûlants, notamment sur les questions énergétiques. 

Gabriel Attal, ancien porte-parole du gouvernement et désormais ministre des Comptes publics, a fait le point sur la situation financière du pays ce vendredi matin sur RMC et BFMTV.

Il est revenu en longueur sur la crise énergétique qui touche la France et l'Europe, quelques heures avant un "Conseil de défense énergétique" destiné à tenter de trouver des solutions aux tensions sur le marché de l'électricité du gaz et du pétrole dans le monde.

Taxes sur les superprofits: "pas de de contradiction" au gouvernement 

Gabriel Attal a assuré qu’il n’y avait pas de dissonances au gouvernement concernant la question de la taxation des superprofits, malgré le fait qu’Elisabeth Borne y semble plus ouverte que Bruno Le Maire

"Je crois qu’on a toujours dit la même chose. Il n'y pas de contradiction", promet-il. "Notre priorité, c'est que les entreprises qui font des profits permettent d'en faire profiter les Français tout de suite, soit en augmentant les salaires, ou en baissant les factures, plutôt qu'une taxe. Si on constate à la fin de l'année que les efforts n'ont pas été faits massivement, dans ce cas, on ne ferme pas la porte. Donc il n’y a pas de contradiction. Notre priorité, c'est que les Français voient une ligne baisser sur leur facture, plutôt qu'une ligne en plus sur le Trésor public augmenter à la fin de l’année. C'est une incitation forte envers les entreprises."

Baisse de l’impôt sur les sociétés: "On a plus de recettes, 1,7 milliard de plus que prévu"  

Pour argumenter contre une taxation des superprofits, Gabriel Attal a également défendu le bilan économique d’Emmanuel Macron en démontrant que depuis l’arrivée au pouvoir des "marcheurs" en 2017, les recettes ont augmenté. 

"On a fait des efforts pour baisser les impôts pour les entreprises pour attirer les investisseurs. Depuis qu’on a fait ça, on collecte davantage d’impôts sur les entreprises qu’avant. L'impôt sur les sociétés, quand Emmanuel Macron a été élu, était de 33%, on l’a baissé à 25%. Quand vous taxez moins un gâteau plus gros, c’est mieux que quand vous taxez beaucoup un gâteau qui se rétrécit. A la fin, c’est bénéfique, ça fait plus de recettes dans les caisses de l’Etat, c’est 1,7 milliard de plus que prévu sur l’impôt sur les sociétés. Dire que la notion de profit n'est pas acceptable... Cette logique a pénalisé pendant des années l'activité économique dans notre pays".

Carburant: "L’Etat ne s’enrichit pas sur la situation, au contraire" 

Gabriel Attal a taclé l’idée reçue selon laquelle l’Etat reçoit plus de recettes mécaniquement, en raison de la hausse des prix du carburant.  

"L’Etat ne s’enrichit pas sur la situation, bien au contraire. Sur l’essence, c’est 3 à 4 milliards (de recettes supplémentaires), on a dépensé 7 milliards d’euros pour la ristourne carburant. Il faut inscrire notre pays dans une trajectoire pour réduire les déficits et progressivement commencer à rembourser notre dette. La ristourne est temporaire et accompagne les Français. La tension sur les prix de l’énergie concerne tout le monde. On regarde ceux qui ont le plus besoin d’être accompagnés et passer du quoi qu’il en coûte au combien ça coûte, comme j’ai déjà pu le dire".

"Réinvestir massivement dans le nucléaire et les énergies renouvelables" 

Le ministre des Comptes publics refuse de prendre la responsabilité entière de la trentaine de réacteurs nucléaires qui sont à l’arrêt en France pour maintenance. 

"Qu’il y ait eu un sous-investissement dans le nucléaire en France depuis des années est une réalité. Je veux bien qu’on reproche beaucoup de choses au gouvernement mais ça fait plus de 20 ans, disent les spécialistes. Notre responsabilité est de réinvestir massivement dans le nucléaire et les énergies renouvelables. (…) Il y a un conflit ukrainien, une guerre, avec une menace de couper le gaz à l’Europe, qui est le principal impact des travaux que l’on mène pour que les Français ne passent pas Noël à la bougie."

49-3: "Tout faire pour ne pas avoir à l’utiliser" 

La rentrée parlementaire promet d’être agitée. La majorité n’ayant qu’une majorité relative, elle tente de convaincre au-delà de ses lignes, ce qui n’est pas forcément une chose aisée. Le spectre de l’utilisation de l’article 49-3, qui permet de faire passer un texte "de force" au parlement, surgit. 

"Je souhaite l'on puisse avancer avec les groupes politiques qui le souhaitent. Mais il faut être deux pour avancer. Je suis surpris de lire que des responsables LR, avant même qu’on ait présenté le projet de budget, voteraient contre pour des raisons symboliques. Jusqu'au bout, je ferai tout pour que l'on passe sans le 49.3. On doit travailler très largement, au-delà des clivages politiques", assure-t-il.

J.A.