RMC

Colonna, Ndiaye, Abdul-Malak, Oudéa-Castera... qui sont les nouveaux visages du gouvernement

Catherine Colonna, le 21 mars 2022 à Rome

Catherine Colonna, le 21 mars 2022 à Rome - TIZIANA FABI © 2019 AFP

Catherine Colonna, Rima Abdul-Malak, Amélie Oudéa-Castéra, Pap Ndiaye... ces quatre noms sont les symboles des nouveautés du gouvernement d'Elisabeth Borne, nommé ce vendredi. Portraits croisés.

De nouvelles têtes au gouvernement. Malgré une certaine stabilité de l'équipe gouvernementale présentée par Alexis Kohler, ce vendredi, sur le perron de l'Élysée, quelques noms "surprise" se sont immiscés dans la liste des ministres. Ils sont ancienne diplomate, conseillère du président, professeur des universités ou dirigeante de fédération sportive, ils sont inconnus du grand public et font leur entrée ou leur retour dans la vie politique.

Pap Ndiaye, l'anti-Blanquer à l'Éducation nationale

Premier nom, et plus grosse surprise de ce gouvernement: Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunne ou l'anti-Blanquer. Historien de formation, il dirigeait jusqu'aujourd'hui le musée national de l'Histoire de l'Immigration. Né d’un père sénégalais et d’une mère française il y a 55 ans, ce Normalien a enseigné à l'EHESS, à Sciences Po et est le frère de Marie Ndiaye, romancière qui a remproté le prix Goncourt en 2009.

Spécialiste d'histoire sociale des Etats-Unis et des minorités, aura la charge de succéder à Jean-Michel Blanquer avec qui il a bien peu de choses en commun. Blanquer fustigeait le "wokisme" ou l'"islamo-gauchisme" dans certaines de ses prises de paroles. Ndiaye a lui écrit plusieurs textes sur le fait d'être noir en France ("La Condition noire, essai sur une minorité française") ou critiquait le déni en ce qui conerne les violences policières ("l’attitude de déni en ce qui concerne les violences policières en France est tout à fait classique, et depuis longtemps"). C'est ainsi qu'il est devenu, dès sa nomination, la cible privilégiée d'Eric Zemmour et de Marine Le Pen qui le taxent d'"indigénisme".

Catherine Colonna, une diplomate aux Affaires Étrangères

La diplomatie aux diplomates. En pleine guerre en Ukraine, ce poste est stratégique et ce ne sera pas de la crème pour Catherine Colonna, ambassadrice de France au Royaume-Uni, nouvellement nommée au Quai d'Orsay. Entrée au Quai d'Orsay à sa sortie de l'ENA, elle a été ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes entre 2005 et 2007 sous Dominique de Villepin, Catherine Colonna a également été porte-parole de la présidence Chirac de 1995 à 2004.

Devenue représentante permanente de la France auprès de l'Unesco en 2008, l'énarque quitte ce poste pour rejoindre le privé avant d'être nommée ambassadrice de France en Italie en 2014 et ce jusqu'en 2017. Dans un ministère en profond malaise, où un préavis de grève a été déposé après une accumulation de réformes et la mise en sommeil du corps diplomatique, Catherine Colonna devra rassurer ses troupes et affirmer la place de la France dans le monde, aux côtés du chef de l'État.

Rima Abdul-Malak, la conseillère culture d'Emmanuel Macron promue ministre

Une femme de l'ombre entre dans la lumière. La Franco-Libanaise Rima Abdul-Malak, ancienne conseillière culture d'Emmanuel Macron a géré la crise sanitaire et son impact sur les artistes juste après son arrivée à l'Élysée.

Elle a débuté sa carrière dans l'humanitaire en étant dirigeante de l'association "Clowns sans frontières", auprès des enfants dans les zones de guerre. Elle a aussi dirigé le pôle musique de l'Institut français de 2007 à 2008, avant de grimper petit à petit les échelons au seins de cabinets culturels de la Mairie de Paris, avec Christophe Girard, alors adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë, puis directement avec le maire de Paris.

Amélie Oudéa-Castéra, une tenniswoman succède à une nageuse

Les spotifs gardent le ministère des Sports. Après une escrimeuse, Laura Flessel et une nageuse, Roxana Maracineanu, c'est l'ancienne tenniswoman Amélie Oudéa-Castéra qui obtient le poste de ministre des Sports ainsi que des Jeux olympiques et paralympiques. Après une belle carrière en junion et trois demi-finales de Grand Chelem à cet échelon-là, elle met un terme à sa carrière en 1996 à l'âge de 18 ans, avec une 251e place mondiale (au maximum) au classement WTA.

Après cette courte carrière de sportive, elle fait de brillantes études, intègre SciencesPo puis l'ENA dans la même promotion d'Emmanuel Macron. Elle rejoint la Cour des comptes en 2004 puis crée l'association Rénovons le sport français en 2016 avant de devenir directrice générale de la Fédération française de tennis en mars 2021. Elle avait aussi refusé, en 2018, la direction de l'Agence nationale du sport, présidée alors par Jean Castex. Cette fois-ci, elle a bien accepté cette proposition.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC