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Comment LFI a décidé de radier provisoirement Adrien Quatennens de son groupe

Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019

Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019 - DOMINIQUE FAGET / AFP

INFO RMC. Au cours d'une longue réunion, les députés insoumis ont décidé ce mardi de radier provisoirement Adrien Quatennens de leur groupe parlementaire. Les discussions ont été vives et le débat animé. 

Il aura fallu plus de deux heures pour que les députés insoumis réussissent à trouver un accord. Au terme de leur traditionnelle réunion hebdomadaire de groupe, ils ont décidé ce mardi d'écarter de leurs bancs Adrien Quatennens pour une durée de quatre mois, jusqu'au 13 avril 2023. Ils ont également "conditionné" son retour à "l'engagement de suivre un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes". Il a été condamné ce mardi à quatre mois de prison avec sursis, pour "violences sans incapacité commises par conjoint" entre octobre et décembre 2021, ainsi que pour "envoi régulier et malveillant de messages" à son épouse entre août et septembre 2022.

Une quarantaine de députés LFI ont participé à la réunion. Jean-Luc Mélenchon, qui n'est plus député mais qui participe parfois aux réunions parlementaires des insoumis, n'était pas présent. Tour à tour, les figures du mouvement ont pris la parole pour exposer leurs positions. S'en est suivi une discussion "étapes par étapes" expliquent plusieurs participants. Dans un premier temps, les députés se sont accordés sur la nécessité de prendre une sanction. Puis dans un second temps, les députés ont débattu du contenu même de la sanction. Quelques élus du groupe militaient pour des sanctions fortes, jusqu'à l'exclusion totale et définitive. D'autres, au contraire, militaient pour un retour extrêmement rapide.

Pour la première fois dans une décision au sein du groupe insoumis, un vote à bulletin secret a été organisé. "Je peux dire, par contraste avec ce qui se passe ailleurs dans LFI, que le groupe a fonctionné de façon tout à fait satisfaisante, assure par exemple la députée de Seine-Saint-Denis Raquel Garrido. C'est la première fois qu'on prend une décision avec autant de temps et des modalités de délibération autant approfondie." "Les discussions de groupe, ça tourne toujours un peu en rond" tempère un autre.

Adrien Quatennens prévenu directement de la décision

Pendant ces quatre mois de mise à l'écart, le député du Nord sera considéré comme non-inscrit. Il ne pourra donc pas participer aux réunions du groupe.  Mais il pourra réapparaitre dans l'enceinte de l'Assemblée. "On ne sait pas où il sera assis dans l'hémicycle. Est-ce qu'il sera avec les autres non-inscrits ou pour éviter un gros jeu de chaise musicale, il restera quand même assis avec nous?" s'interroge un député insoumis.

Une fois la décision prise par le groupe, Adrien Quatennens a été prévenu directement de sa sanction par un dirigeant insoumis, et ce avant la publication du communiqué de presse. Peu après avoir été informé, Adrien Quatennens a assuré à La Voix du Nord qu'il "respecterai[t] la décision collective du groupe".   

"La décision de mon groupe? Ce n'est pas mon opinion"

Au cours de la réunion, les dirigeants du groupe ont demandé, avec insistance, aux membres de se ranger derrière la décision collective, sans faire part à la presse de leurs divergences. "Notre plus grande force, c'est le collectif. On doit arrêter de le mettre à mal. Si tout se retrouve dans la presse, on ne peut plus rien dire en réunion" s'agace un insoumis. Pourtant, micro éteint, certains députés LFI dénoncent 'une grosse sanction". "Cette décision ce n'est pas mon opinion, et j'ai présenté mes arguments pendant la réunion" explique par exemple un élu. "La sanction est lourde" râle aussi un ami d'Adrien Quatennens.

Avec cette décision, est-ce pour autant la fin du "feuilleton" de l'affaire Quatennens? "On sait que ça va reprendre dès son retour" s'agace un député. "C'est un sparadrap dont on n'arrive pas à se défaire" souffle un autre. D'ailleurs, au sein de la Nupes, certains socialistes et écologistes réclament sa démission. "Ils doivent arrêter de se prendre pour les champions du monde du féminisme" répond un insoumis.

Cyprien Pezeril