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Covid-19: passer l'hiver sans confinement, la France est-elle trop optimiste?

"Il existe bien un chemin pour éviter le reconfinement", a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

La France peut-elle passer l'hiver sans confinement? Les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 sont stables, voire en légère baisse, mais la propagation des variants du coronavirus fait toujours planer la menace d'une forte dégradation de la situation, avertissent des médecins et des épidémiologistes.

"Il existe bien un chemin pour éviter le reconfinement", a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal au vu de l'évolution de l'épidémie de Covid-19, "sur un plateau haut, même s'il apparaît légèrement déclinant depuis une semaine". 

Si l'exécutif n'écarte aucune hypothèse, Olivier Véran avait déjà estimé mardi sur FranceInfo "qu'il est possible et souhaitable qu'on ne soit jamais reconfinés". Une déclaration qui n'est pas passée inaperçue et qui pourrait bien cacher un changement de stratégie.

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Les chiffres semblent confirmer jour après jour que la circulation du coronavirus n'explose pas. Ainsi, 135.190 personnes ont été testées positives la semaine dernière de lundi à samedi, contre 140.445 la semaine précédente, qui était déjà stable.

Mardi, près de 19.000 nouveaux cas ont été comptabilisés sur les 24 dernières heures par Santé publique France, et le taux de positivité (le pourcentage de cas détectés de Covid sur la totalité des tests) s'affichait à 6,3%, en baisse continue depuis le 28 janvier (7,1%). 

"Il y a quand même de quoi douter des courbes"

Tout sauf un nouveau reconfinement, c'est donc bien l'objectif de l'exécutif. Et encore moins de confinement préventif comme le souhaitait les experts, il y a une dizaine de jours insiste un conseiller de l'Elysée.

"Il y a quand même de quoi douter des courbes" présentées par des médecins rompus au jeu médiatique, déplore un proche du chef de l'Etat, qui plaide pour un changement de stratégie: il faut "regarder davantage le nombre de décès et la situation dans les réanimations plutôt que nombre de contaminations" selon lui.

La mortalité et les cas graves qui pourraient prochainement baisser grâce à la vaccination. Attention, préviennent néanmoins certains proches du Premier ministre, "nous restons très attentifs à la proportion de variants car quand ça explose, ça explose vraiment. Si c'était le cas cela plaiderait alors pour un confinement dur, ferme et court", de quoi maintenir la pression sur les Français.

La propagation des variants du coronavirus, notamment celui qui a d'abord été détecté au Royaume-Uni, plus contagieux, font toujours peser une menace. Le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique chargé d'éclairer le gouvernement, a confirmé mercredi que le variant anglais se situait aux alentours de 30 à 35% des cas en Ile-de-France. "Pour l'instant, on a l'impression d'un certain freinage de ce virus, même s'il deviendra majoritaire", "quelque part entre le 1er et le 15 mars", a relevé le scientifique, chargé de suivre l'évolution de ces nouvelles formes.

Selon cette hypothèse, ce variant progresserait moins vite en France qu'au Portugal ou au Royaume-Uni, parce que des restrictions sanitaires, comme la fermeture des bars, restaurants et lieux culturels, puis le couvre-feu à 18h, étaient déjà en cours pour ralentir sa progression. Le gouvernement compte aussi sur les vacances scolaires, qui ont démarré lundi sur une partie de la France et vont se dérouler jusqu'au 8 mars, pour que l'épidémie reste maîtrisée. 

Après avoir renoncé in extremis à y recourir fin janvier, le gouvernement s'accroche à sa promesse de tout faire pour éviter un troisième confinement.

Reste que la situation est tendue dans les hôpitaux, qui accueillaient mercredi quelque 27.600 patients avec un diagnostic de Covid-19, pas loin des pics de la première et de la seconde vagues épidémiques (33.000 à l'automne, 32.000 au printemps) et qui met les équipes soignantes à flux tendu. Plus de 3.300 malades se trouvaient en réanimation mardi, moins que les plus hauts de la première et de la deuxième vagues (7.000 et 4.900). 

Jérémy Trottin (avec J.A.)