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Des aides, mais pas un "chèque en blanc": à Marseille, Macron laisse les élus "circonspects"

Très attendu, le contenu du plan pour aider la 2ème ville de France n'a finalement pas été dévoilé par le chef de l'Etat... qui a glissé des piques à la politique locale.

"Ni grand plan, ni chèque en blanc": Emmanuel Macron a annoncé des aides pour donner un nouvel élan à Marseille, "plus pauvre que d'autres", mais sans chiffrer l'apport de l'Etat pour rénover les écoles délabrées de la deuxième ville de France.

"Je pense qu'aider aujourd'hui Marseille à réussir, c'est bon pour le pays tout entier", a-t-il insisté devant un parterre d'élus, d'enfants et de personnalités dont le joueur de l'OM Dimitri Payet.

Au terme de deux jours de visite où il a pu entendre les "attentes colossales", le président a annoncé que l'Etat aiderait à financer des projets de transports, pour désenclaver les quartiers populaires du nord de la ville, les plus déshérités et touchés par la violence découlant du trafic de drogue. Il s'est toutefois refusé à toute grande annonce chiffrée. Laissant ainsi les élus locaux sur leur faim. 

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"Je ne viens pas ici faire des promesses"

Tout était pourtant parfait (ou presque): vue imprenable sur le Vieux-Port, décor de carte postale pour des annonces qui devaient être historiques. Quand soudain, la pluie. 

"Ne vous laissez pas déconcentrer par ce crachin" tente Emmanuel Macron, voyant des invités filer entre les gouttes. 

Entre la pluie et un micro coupé faute de courant, le chef de l'Etat délivre de grandes orientations, un discours de près de 2h souvent complexe et technique... Et Emmanuel Macron, qui, au passage, en profite pour faire la leçon aux élus locaux.

"L'Etat peut systématiquement arriver avec des milliards. Si, toujours l'action publique est divisée, et les chicaya locaux bloquent l'avancée, ces milliards n'arrivent jamais sur le sol. Je ne viens pas ici faire des promesses, je viens prendre des engagements, en en demandant" glisse-t-il.

La réaction du maire de Marseille Benoît Payan est laconique.

"Nous venons d'entendre le président de la République. Ce plan est en quasi-bouclage. Dans quelques jours, quelques semaines, on en dévoilera le contenu exact. Je vous remercie" a-t-il souri devant les micros...

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Mais en coulisses, hors micro, les élus marseillais se disent circonspects. Le maire de Marseille s'est vite éclipsé prétextant un impératif d'agenda. "Mais on n'a pas attendu Macron, ça fait des années qu'on a arrêté les magouilles" grogne alors un élu important. "Peut-être qu'il a été trop prudent" temporise Samia Ghali.

Emmanuel Macron promet de revenir en octobre et en février pour faire le point avec les élus ; conclusion du chef de l'Etat: "La question n'est plus de savoir, si demain c'est loin". Le montant total des nouvelles aides de l'Etat - 1,5 milliard d'euros, hors rénovation des écoles - a été précisé par la suite par un de ses conseillers.

Quant à la contribution de l'Etat pour aider à rénover 174 écoles insalubres, il a demandé quelques semaines supplémentaires pour la chiffrer. Il a aussi annoncé qu'il reviendrait en octobre et en février pour un premier bilan.

Paul Barcelonne (avec XA)