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Edouard Philippe Premier ministre: "d'un coup, ce type qui est mon pote est à Matignon"

Edouard Philippe, à son arrivée à Matignon, lundi 15 mai.

Edouard Philippe, à son arrivée à Matignon, lundi 15 mai. - AFP

Il avait suivi et filmé son ami Edouard Philippe durant sa campagne des municipales en 2014, au Havre, pour un documentaire que personne n'avait voulu acheter… jusqu'à ce que celui-ci devienne Premier ministre. France 3 diffuse finalement ce mardi soir à 23h10 le documentaire de Laurent Cibien, "Edouard, mon pote de droite". L'occasion de se faire une idée de la personnalité du Premier ministre, explique sur RMC.fr le réalisateur.

Laurent Cibien, réalisateur du documentaire Edouard, mon pote de droite, diffusé ce mardi à 23h10 sur France 3.

"A l'origine, on était ensemble avec Édouard Philippe en prépa hypokhâgne après le bac à Paris, moi venant de ma province natale, lui venant de Bonn, en Allemagne. On ne connaissait personne et on s'est rapprochés pour finalement devenir potes. Ensuite, il est parti vers Sciences-Po et l'ENA et moi je suis devenu journaliste. On s'est perdu de vue pendant 10 ans. Puis un jour, je suis retombé sur lui dans le Canard Enchaîné. Son nom, son âge… ça correspondait. Il était devenu directeur général de l'UMP. Je l'ai appelé et on est allé boire un verre. Je lui ai dit: 'alors, comme ça, t'es devenu de droite?' (Édouard Philippe était rocardien à ses débuts en politique, NDR). Bon, je suis de gauche mais c'est mon pote et je l'aime bien…

"Il est de droite, mais c'est mon pote et je l'aime bien"

Moi, je n'étais pas du tout branché politique, mais je trouvais ça intéressant de savoir comment fonctionnait la politique, comment on faisait une carrière politique. Alors, j'ai commencé à le filmer, d'abord de temps en temps quand j'avais le temps entre deux tournages. A un moment, j'ai eu envie de passer plus de temps avec lui, et je l'ai suivi pendant la campagne des municipales de 2014, au Havre. Ce film, c'est un processus qui a duré 20 ans: 10 ans pour qu'on se retrouve et 10 ans pour aboutir à un film, que j'ai enfin réussi à vendre à une grande chaîne de télévision.

Ce film, c'est un portrait de lui en campagne. On y voit un homme politique à la fois sérieux mais aussi décontracté. C'est une réflexion sur l'exercice du pouvoir et notre rapport aux politiques en tant que citoyen. Quand j'ai commencé à le filmer en 2004, il était juste directeur général de l'UMP élu au Havre comme adjoint, il avait 34 ans et il n'avait pas du tout de carrière nationale. Le film laisse en tout cas au spectateur toute la place pour se faire son sentiment et son opinion vis-à-vis de lui. On découvre le Edouard Philippe comme il était à ce moment-là.

"Visiblement, tout peut arriver en politique"

Evidemment quand j'ai commencé à le filmer et à le suivre je n'imaginais pas un instant qu'il allait devenir Premier ministre d'Emmanuel Macron 13 ans plus tard. Ce qui m'intéressait, c'était vraiment de voir comment on se construit une carrière. C'était déjà quelqu'un d'intelligent et qui avait clairement les capacités à exercer des responsabilités. Après, un destin politique… c'est tellement de hasard, de choix, de chance. Mais visiblement, tout peut arriver en politique. A titre personnel, en tant que pote, quand je l'ai vu lors de la passation de pouvoir, lundi, je me suis dit: 'ouah! D'un coup, ce type qui est mon pote, est à Matignon'. C'est étrange et drôle à la fois."

Propos recueillis par Philippe Gril