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EELV: selon Yannick Jadot, Julien Bayou n'aurait pas dû être "sanctionné"

Sur RMC-BFMTV, ce vendredi, l'écologiste Yannick Jadot a déploré la "sanction" contre Julien Bayou, accusé de violences psychologiques par une ex-compagne.

L'ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot a estimé ce vendredi sur RMC-BFMTV que le patron d'EELV Julien Bayou n'aurait pas dû être "sanctionné" par son parti en l'absence de conclusions de la cellule interne contre les violences sexistes et sexuelles ou de dépôt de plainte.

La décision de sa mise en retrait de la co-présidence du groupe à l'Assemblée a été prise "pour donner de la sérénité à la cellule d'écoute mais ça apparaît comme une sanction (...) et cette sanction-là, elle n'est pas normale", a déclaré le député européen.

"A partir du moment où la cellule n'a pas rendu son travail, on n'a pas à sanctionner, quand il n'y a pas de dépôt de plainte, quand on ne sait pas de quoi la personne au fond est soupçonnée ou accusée et que cette personne n'a pas pu se défendre", a-t-il argumenté.

Yannick Jadot avait demandé à Julien Bayou de se mettre en retrait

Julien Bayou a démissionné lundi de ses fonctions à la tête d'Europe Écologie-Les Verts, ainsi que de celles à la tête du groupe à l'Assemblée, s'estimant piégé par une situation "intenable" parce que notamment la cellule interne a refusé à ce stade de l'entendre.

La veille, Yannick Jadot lui avait demandé publiquement de se mettre "en retrait" du secrétariat national" d'EELV.

"Il peut y avoir, à un moment donné pour la sérénité des débats, une sorte de mise en retrait qui n'est pas une sanction, qui n'est pas une démission, qui n'est pas une exclusion mais là on voit, dans le jeu médiatique, que ça a été une sanction et cette sanction-là, elle n'est pas juste", a développé Yannick Jadot ce vendredi.

Au-delà, il a fermement défendu l'existence et le travail des cellules internes que les partis - de gauche essentiellement - ont mis en place.

"Les partis politiques ont une responsabilité particulière et il faut de la déontologie", a-t-il expliqué, critiquant la position du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti qui a dénoncé une "justice de droit privé". "Tout le monde est content quand le Conseil de l'Ordre des médecins s'intéresse aux pratiques de Didier Raoult pour dire qu'il est en infraction", a rappelé Yannick Jadot. "C'est une forme de déontologie: ça doit être plus fort que la justice".

LP avec AFP