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"Impératifs familiaux": Jean Rottner quitte la présidence de la région Grand Est et la vie publique

Jean Rottner

Jean Rottner - Ludovic MARIN / AFP

Jean Rottner, le président de la région Grand Est, a annoncé qu'il quittait la vie publique pour "impératifs familiaux".

Jean Rottner, qui avait acquis une audience nationale durant la crise sanitaire en tant qu'ancien urgentiste, a annoncé ce mardi son départ imminent pour "impératifs familiaux" de la présidence de la région Grand Est et de la "vie publique" en général.

"Des impératifs familiaux animent cette lourde décision", qui est "mûrement réfléchie", a déclaré dans un communiqué l'élu alsacien, ancien maire de Mulhouse.

Jean Rottner, 55 ans, était à la tête du Grand Est depuis 2017, quand il avait succédé à Philippe Richert, démissionnaire. Il a ensuite été élu en 2021.

Le premier vice-président de la région Grand Est, Franck Leroy, assurera l'intérim de cette nouvelle région qui rassemble depuis 2015 l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. M. Leroy est l'actuel maire d'Epernay (Marne).

En quittant "l'ensemble de (ses) mandats d'ici la fin de l'année", Jean Rottner renonce aussi à son mandat de premier adjoint à Michèle Lutz, la maire de Mulhouse (Haut-Rhin), qui lui avait succédé à cette fonction quand il est devenu président de région.

"Jean Rottner était animé par un sens élevé de l'intérêt général", a réagi Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie et présidente de "Régions de France".

Lundi, Jean Rottner avait encore accompagné le directeur général du constructeur automobile Stellantis, Carlos Tavares, à l'usine mosellane de Trémery, mettant en avant sur Twitter, où il était très actif, la place du Grand Est dans la production automobile nationale.

Alsace vs Grand Est

L'élection d'Eric Ciotti à la tête de LR il y a dix jours avait fait courir le bruit d'un éventuel départ de son parti de Jean Rottner, qui a toujours ménagé le dialogue avec les macronistes et dont le nom a plusieurs fois circulé comme potentiel ministre.

Néanmoins, fidèle à LR, il avait refusé toute alliance aux élections régionales avec Brigitte Klinkert, ex-LR également alsacienne engagée sous les couloirs macronistes. A l'élection présidentielle, il avait également fait partie de l'équipe de campagne de Valérie Pécresse.

L'entrée en politique de Jean Rottner remonte à 2001 quand il devient conseiller municipal d'opposition à Mulhouse, ville alors dirigée par le socialiste Jean-Marie Bockel.

En 2007, l'élection de Nicolas Sarkozy constitue un tremplin: le nouveau président fait entrer Bockel au gouvernement au nom de "l'ouverture". Renvoi d'ascenseur en 2008, Bockel intègre Rottner à sa liste pour les municipales puis lui cède son fauteuil de maire en 2010.

En 2017, c'est de nouveau une démission, celle de Philippe Richert, qui lui permet de prendre la tête de la région Grand Est, ce qui lui vaudra d'acerbes critiques en Alsace, où la plupart des élus de droite, et lui-même dans un premier temps, étaient opposés à la constitution de cette grande région.

Jean Rottner est ensuite devenu un fervent défenseur de cette grande région, refusant de soutenir les velléités de redonner à l'Alsace son "indépendance" du Grand Est.

"Chacun connaît mon avis concernant le Grand Est. Et je n'ai jamais varié de position à ce sujet. (...) Mais je n'ai jamais confondu l'institution et les hommes qui la dirigent. J'ai toujours eu beaucoup d'estime pour Jean Rottner", a réagi le maire de Colmar, Eric Straumann.

"Mais tant que l'Alsace ne sortira pas du Grand Est, sa présidence sera un exercice impossible. (...) Il faut maintenant revoir le contour de cette trop grande région", a-t-il d'ores et déjà lancé.

En manque de notoriété en étant arrivé à la tête de la région sans élection dans un premier temps, Jean Rottner a fortement gagné en stature avec la crise du Covid-19, qui l'a propulsé dans la lumière en même temps qu'un des premiers foyers était signalé à Mulhouse, sa ville d'origine.

Prêtant main forte à la régulation du Samu lors de la première vague d'épidémie, il s'était rapidement mué en lanceur d'alerte, prévenant l'Élysée de la tension hospitalière, se démenant pour récupérer des masques et des tests ou lançant un fonds de soutien aux entreprises.

LP avec AFP