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Il dénonce un "scandale d’Etat": Jean Rottner se dit "détruit par la désorganisation française" de la campagne de vaccination

Le président de la région Grand-Est dénonce les manquements dans la stratégie de vaccination et réclame une accélération du processus pour éviter un troisième reconfinement.

Il a poussé un cri d’alarme lundi vis-à-vis de la situation de la campagne de vaccination en France. Jean Rottner, président de la région Grand-Est a estimé être face à un “scandale d’Etat”, alors que l’avancée de la vaccination en France patine. 

Sur RMC, ce lundi matin, il a assuré qu’il faut que la vaccination s’accélère dans le pays pour éviter un troisième confinement. 

“Moi, je suis prêt à me faire vacciner. Mon cri d’alerte lundi est intervenu après un temps de silence, d’observation. Moi, je serai le plus heureux des hommes si la vaccination pouvait s’accélérer. Quand je dis qu’il y a un scandale d’Etat, c’est qu’aujourd’hui il y a une désorganisation qui est évidente aux yeux des Français, qu’il y a chaque jour des morts qui pourraient être épargnés par la vaccination, mais nous n’y allons pas assez rapidement”, indique-t-il. 

"On a que des informations descendantes"

S’il assure ne pas contester la stratégie de vaccination qui a voulu que les personnes à risques puissent se faire vacciner en premier lieu ainsi que les soignants plus récemment et sous la pression, il dénonce le problème de logistique. 

“Dans ma région au 15 janvier, il était prévu de vacciner les résidents de 30 Ehpad sur 650 Ehpad. Donc c’est là que quelque chose ne va pas. Il faut accélérer le système et les collectivités locales se proposent en soutien à l’Etat et nous n’avons pas de réponse. On a que des informations descendantes. On attend aussi du ministre qu’il se tourne vers nous, qu’il travaille avec nous, qu’il écoute les solutions”, indique-t-il.

Il affirme également que la situation en France, n’est pas normale et qu’il en a honte. 

“J’ai partagé ce sentiment de honte parce que je suis médecin et que dans ma région, j’ai encore le souvenir, et je suis ému quand je parle de ça, de ce qui s’est passé dans le Grand-Est en mars dernier, de tous ces amis, collègues, confrères que j’ai perdu. Et je suis un peu détruit aujourd’hui quand je vois la désorganisation française et notre classement mondial en termes de vaccination. Aujourd’hui, on n'est pas bon et on est la risée de tout le monde”, assure-t-il. 

Guillaume Descours