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Eric Ciotti élu à la tête des Républicains: des premières démissions et une unité fragile

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a été élu président du parti Les Républicains ce dimanche avec 53% face à Bruno Retailleau. L'objectif est maintenant d'unir un parti qui ne semble pas totalement conquis par sa ligne "dure".

Eric Ciotti est le nouveau président des Républicains. Le député des Alpes-Maritimes a remporté dimanche le Congrès du parti, prenant la suite de Christian Jacob et Annie Genevard (présidente par intérim). Un score serré (53,7%) face au sénateur Bruno Retailleau (46,3%), un adversaire qui a salué le vainqueur et appelé à l'unité de la droite.

Eric Ciotti, a promis de "rassembler" sa famille politique autour d'une droite "ferme", avec Laurent Wauquiez comme candidat à la prochaine présidentielle. "Je suis de droite" et "je ne m'en excuserai jamais", a-t-il dit à la suite de sa victoire, estimant que "la question est d'abord celle de la survie de la France" alors que "notre pays est frappé de déclin" voire "d'une sorte de décadence".

Il a plaidé pour "une droite ferme, qui rétablisse l'ordre dans la rue" mais aussi une droite "du travail, de l'autorité, de l'identité, qui nous permette de vivre comme nous avons toujours vécu". Sur le plan économique, il a aussi promis "une droite de la liberté, qui fasse diminuer les impôts, les charges et les normes qui paralysent notre pays".

"Quand c'était un point de vue minoritaire et qu'il y avait d'autres expressions dans le mouvement, ça pouvait m'aller, mais là"

Le problème, c'est que l'unité semble loin d'être acquise. A peine la victoire d'Eric Ciotti annoncée, c'est la désillusion pour certains militants.

"Je trouve ça quand même désespérant. Je n'attends rien de Ciotti. Déjà qu'on est mal, ça va être très très dur là", souffle un militant.

Il y a la déception de la défaite de Bruno Retailleau, mais comme d'autres adhérents, Lena se pose la question de sa présence chez Les Républicains: "Je me vois mal défendre une droite républicaine auprès des Français avec Eric Ciotti à la tête du parti", explique-t-il.

Certains élus ont même franchi le pas, et rende leur carte. Comme le maire de Metz, François Grosdidier.

"Je ne me vois pas dans un mouvement dirigé par Eric Ciotti, qui signe un repli. Quand c'était un point de vue minoritaire et qu'il y avait d'autres expressions dans le mouvement, ça pouvait m'aller. Maintenant je ne m'y reconnais plus. LR avec Ciotti ce sera sans moi", lance-t-il.

La patronne de la fédération LR de Haute-Garonne Laurence Arribagé a également annoncé qu'elle quittait LR pour Horizons.

"On savait qu'il y aurait des départs" reconnaissent des proches du nouveau patron des LR. Pour autant Eric Ciotti assure qu'il veut travailler avec toutes les sensibilités du parti. Un travail d'unité encore plus incontournable au vu du resultats serré de ce Congrès.

J.A. avec Romain Cluzel