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"Je n’ai rien à dire": face à l'arrivée d'éoliennes, un maire impuissant veut se faire entendre

TEMOIGNAGE RMC - Un amendement du le projet de loi "Climat et résilience" veut donner la possibilité aux maires d’avoir un droit de véto sur les projets éoliens.

C'est un peu l'histoire du village des irréductibles Gaulois.

Le Sénat examine ce mercredi un amendement qui fait débat dans le projet de loi "Climat et résilience". Celui-ci doit donner la possibilité aux maires d’avoir un droit de veto sur les projets éoliens sur leur commune. 

Portée par la droite, cette prérogative ne serait possible qu’après une délibération du Conseil municipal avec la possibilité également de le soumettre à un référendum local.

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Au milieu des champs de blé, Claude Madec-Cleï, maire de Griselles, dans le Loiret, nous montre le lieu qui devrait accueillir prochainement des éoliennes. "Ça va être dans la plaine. Mais combien y en aura-t-il exactement, je n’en sais rien”, indique-t-il.

Et pour cause, il est tenu à l’écart de ce projet auquel il est fermement opposé. 

Ne lui reste donc qu’un sentiment “de frustration énorme". "L’Etat décide, il faut tant d’éoliennes, on ne sait pas où on va les mettre, mais ça ne fait rien. Le permis n’a pas été signé par moi, je n’ai plus rien à dire”, assure-t-il.

Un risque de pression?

Dans le centre de la commune, Gérard, habitant, regrette l’impuissance de son maire. "Je fais confiance à un homme qui se dit le chef de la communauté, et ce chef, le jour où il doit prendre une décision, il dit ‘ah stop, la préfecture, le gouvernement’. Non un maire, il faut qu’il ait la puissance de dire oui ou non”, assure-t-il.

Mais à l’inverse, pour Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique, ce droit de veto risque de mettre les élus en première ligne.

"Le maire risque d’être sous la pression de certains riverains et il ne prendre donc pas de décision dans l’intérêt général, mais plutôt d’intérêt de particuliers très locaux”, appuie-t-il.

Pour entrer en vigueur, cet amendement devra d’abord être validé par l’Assemblée nationale.

Florian Chevallay avec Guillaume Descours